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Canada / Flaherty songe à privatiser la SCHL
« le: octobre 22, 2012, 01:43:42 pm »
Ces dernières années, le ministre des Finances Jim Flaherty a pris des mesures pour réduire le risque des contribuables auprès de la Société canadienne d'hypothèques et de logement (SCHL). Maintenant, il dit qu'il aimerait privatiser la SCHL d'ici cinq à 10 ans.

«Je ne pense pas qu'il y ait encore beaucoup à faire avec la SCHL ou l'assurance hypothécaire, certainement pas dans un avenir prévisible», a affirmé M. Flaherty dans une entrevue accordée au quotidien «Globe and Mail».

Depuis quelques années, M. Flaherty a fait adopter des mesures pour refroidir le marché immobilier et garder ainsi la dette des ménages sous contrôle, alors que les taux d'intérêt sont très bas. Récemment, il a fait passer la durée maximale des hypothèques de 30 à 25 ans, ce qui a éloigné du marché plusieurs premiers acheteurs.

Ses mesures ont eu aussi l'effet de diminuer le risque associé à l'assurance prêt hypothécaire qu'accorde la SCHL aux propriétaires. Or, la privatisation de l'organisme serait aussi un pas dans cette direction.

Certains économistes soulèvent toutefois des interrogations sur l'à-propos de perdre le contrôle de ce qui constitue un levier majeur dans le marché de l'immobilier.

Mais M. Flaherty estime qu'ultimement, le gouvernement devrait se retirer des activités d'assurance prêt hypothécaire.

«L'histoire de la SCHL est liée aux besoins de fournir du logement aux vétérans de la Seconde guerre mondiale. C'est devenue quelque chose de beaucoup plus d'envergure», a-t-il dit.

«Je pense qu'au cours des cinq à 10 prochaines années, le gouvernement doit regarder la façon de délaisser certaines activités dans lesquelles nous sommes engagés et dont nous n'avons pas besoin d'être.»


Source: Site web du Journal de Québec

32
Par: David Descôteaux
22 mai 2012

Quatre nouvelles douches en céramique au ministère de l’Agriculture : 66 157 $. En retaper six autres au goût du jour : 40 328 $. Contrats à une firme d’ingénieur et d’architectes pour faire ça « dans les normes » : 45 400 $. Venir au bureau en vélo et se laver derrière un rideau de douche à 146 $… Ça n’a pas de prix!

La Presse Canadienne rapportait hier que « les fonds publics coulent à flots au MAPAQ ». Pourtant, dans n’importe quelle grande surface, notait la journaliste, « on peut se procurer un rideau de douche pour environ 10 $ ».

Mais rien ne sert de s’attarder sur cette autre dépense douteuse de fonds publics. C’en est devenu lassant.

On a beau chanter la révolution dans la rue, plusieurs recoins de l’édifice gouvernemental ne montrent pas d’intention de se réformer. C’est pourtant une des leçons qu’on devrait tirer de la crise qui secoue le Québec. Vivre au-dessus de nos moyens, ça finit par coûter cher.

Un problème plus large

Dans la rue, on se défoule. Mais propose-t-on concrètement de dégraisser l’appareil étatique, revoir ses missions, et y changer les façons de faire? Il semble que tout ce qu’on souhaite, c’est faire tomber Jean Charest. Je veux bien, mais ça va changer quoi? Pensez-vous que soudainement, toute trace de corruption va disparaître au Québec? Qu’il n’y aura plus de dépassements de coûts? De gaspillage?

Portez au pouvoir Pauline ou François, et la contrainte budgétaire ne disparaît pas pour autant. Ni le vieillissement de la population, ni la dette du secteur public – qui vient de franchir 250 milliards $ –, ni la nature humaine. Et ni le besoin de financement des universités.

Si on veut s’éviter d’autres choix déchirants dans l’avenir, il faut soit prier pour que la croissance économique vienne nous aider, soit faire un ménage dans nos dépenses et nos façons de faire. Ça inclut autant les subventions aux multinationales, les dépenses douteuses des recteurs, que les inefficacités dans la gestion quotidienne ou la corruption. Et pourquoi pas, aussi, revoir le régime fiscal. Afin d’éliminer les échappatoires dont profitent les multinationales, ou les chanceux qui ont les moyens de se payer une armée de fiscalistes.

Le champ de bataille

L’an dernier dans un texte, je citais l’économiste Thomas Sowell, qui illustrait le choix économique auquel toute société fait face :

« Quand une équipe médicale de l’armée arrive sur un champ de bataille où gisent des soldats blessés, les médecins sont confrontés au problème économique classique. Celui d’allouer des ressources limitées. Il n’y a jamais assez de médecins, d’infirmières ou de morphine. »

« Certains blessés sont presque morts et ont peu de chances d’être sauvés. Alors que d’autres peuvent survivre s’ils obtiennent une assistance immédiate. D’autres sont légèrement blessés et vont probablement survivre, qu’ils obtiennent ou non de l’aide. »

Vient l’heure des choix. Si des médecins passent du temps précieux avec des soldats qui vont s’en sortir de toute façon, ou avec d’autres qui sont certains de mourir, les médicaments seront gaspillés et vont finir par manquer. Et des soldats blessés mourront inutilement…

J’ajoutais : si nous continuons de repousser des décisions budgétaires, si nous refusons de réformer quoi que ce soit, nos enfants — le prochain bataillon — devront soigneusement éviter les balles. Car pour eux, la morphine risque de se faire rare.

Le bataillon, il est dans la rue en ce moment. Il en a marre, et veut se débarrasser du premier ministre. Soit. Mais si par la suite, on continue de gaspiller nos munitions et notre morphine, on ne règlera rien. Et les balles continueront à siffler.


Source: Site web du Journal de Québec

33
Grands enjeux & actualité / Après le crédit, le déluge?
« le: octobre 22, 2012, 01:36:58 pm »
Par: David Descôteaux
19 juin 2012

Ma chronique de lundi parlait de notre incapacité à faire des choix et à vivre selon nos moyens. Elle a généré des commentaires, disons, lucides…

Éric dit : « L’économie tout entière, boutiques, centres d’achats, restaurants, constructeurs de bungalow en briques roses, a besoin de consommateurs compulsifs. Qui achètent des choses qu’ils n’ont pas de besoin avec de l’argent qu’ils n’ont pas. Si tout ce beau monde se met à dépenser raisonnablement, vous allez voir ce château de cartes de consommation s’écrouler. C’est la même chose pour les dépenses gouvernementales. Si le gouvernement se met à dépenser raisonnablement, selon ses moyens (austérité), cela annoncera la fin de la grande débauche de consommation que nous vivons depuis la fin de la 2e guerre mondiale. Watch out le lendemain de veille! »

Le manège qui n’arrête pas

Michel ajoute : « Couper dans la bureaucratie sans affecter réellement les services à la population? C’est possible, à condition d’accepter le fait que le taux réel de chômage au Québec grimpe à plus de 10 %, et que la ville de Québec en subisse la majeure partie des effets. Cela ne pourrait se faire rapidement, et vu le jeu des pensions absurdes du secteur public, je ne suis pas certain qu’on économiserait beaucoup. »

Autrement dit : nous sommes dans un cul-de-sac. Dopés au crédit, et incapables de réformer quoi que ce soit, de s’attaquer à l’endettement, sans empirer le problème à court terme. Que doivent alors faire l’État et les citoyens? Continuer de s’endetter à l’infini pour simuler une croissance économique, si faible soit-elle?

Pierre, lui, se montre « relativement » optimiste : « Couper dans la bureaucratie tout en conservant les services, c’est faisable en théorie. Mais dans la pratique ça nécessite des réformes en profondeur, qui passent premièrement par l’assouplissement (et même l’abolition) des conventions collectives. Et ensuite par la sous-traitance et la privatisation à grande échelle de la livraison des services. Bonne chance avec ça… »

Limiter les dégâts

Pas jojo, tout ça. Et ça me donne envie de passer un petit message à nos politiciens : serait-ce au moins possible, à défaut d’éliminer des programmes, d’arrêter d’en créer des nouveaux? Comme par exemple celui d’« ateliers de paternité », annoncé lundi.  Et d’arrêter de jeter l’argent par les fenêtres avec des nouvelles dépenses ridicules? Comme ces poubelles à 3200 $ chacune, dans une ville (Montréal) où les citoyens voient leur compte de taxe augmenter plus vite que leurs REER…

Rien pour aider, une élection approche. Les promesses de dépenses vont fuser de partout. Ça me fait penser à H. L. Mencken, journaliste au cynisme légendaire, qui disait : « le gouvernement est un courtier en pillage. Et chaque élection est une sorte d’enchère anticipée de biens volés. »

J’ai longtemps souhaité un État plus petit. Un gouvernement qui se concentre sur l’essentiel, et qui taxe modérément ses citoyens. Mais comme d’autres, j’abandonne tranquillement l’idée. En fait, la « droite économique » aurait dû revoir ses objectifs. Tout ce qu’elle pouvait raisonnablement espérer, c’est que le gouvernement ne grossisse pas au-delà de son niveau d’obésité déjà existant. C’était déjà un défi titanesque.

Et pour l’avenir, je doute de l’utilité d’un débat gauche-droite pour remplacer celui sur la souveraineté. Trop tard pour ça. Le débat qui nous attend sera : comment gérer le sevrage d’après-crédit, le retour sur terre, de façon à limiter les dommages pour tout le monde.

Et j’espère qu’au passage, on en tirera quelques leçons.


Source: Site web du Journal de Québec

34
Par: David Descôteaux
22 juin 2012

Comme il le fait depuis quatre ans, le ministre des Finances Jim Flaherty donne un autre tour de vis. Dans le marché immobilier… et dans votre portefeuille.

La nouvelle est tombée mercredi : la durée limite des hypothèques assurées par la SCHL passe de 30 à 25 ans. Rappelons que cette durée était de 40 ans en 2008.

Concrètement, ça veut dire quoi? Qu’une hypothèque de 250 000 $, au taux d’intérêt de 5 %, coûtera environ 120 $ de plus par mois que la même hypothèque étalée sur 30 ans. (En supposant que vous faites des paiements mensuels, et non à toutes les deux semaines.)

Ça paraît peu, 120 $. Mais ça peut faire mal. Et forcer plusieurs jeunes couples à s’acheter quelque chose de plus petit, de moins cher. Ou les inciter à épargner un peu plus avant d’acheter — vous savez, ce truc que nos grands-parents faisaient, avant le règne des cartes de crédit?

Aussi, la limite d’emprunt sur le refinancement hypothécaire passera de 85 % à 80 %. Ça n’empêchera pas les plus insouciants de continuer à voir leur maison comme un gros guichet automatique. Mais ils devront refaire leur cuisine avec des matériaux un peu moins beaux…

La classe moyenne y goûte

Ces mesures sont nécessaires à long terme, vu notre taux d’endettement record. Et surtout, vu les prix stratosphériques des maisons dans plusieurs grandes villes au Canada (même Montréal est devenu inaccessible pour beaucoup de gens). Mais pour plusieurs, comme ceux qui voudront refinancer et qui croulent sous les dettes, l’étau se resserre.

« Sépare-toi pas, divorce-toi pas, n’aie pas de problèmes pendant ta construction… Parce que si tu veux refinancer, tu vas commencer à avoir des problèmes », me dit au téléphone Stéphane Bruyère, courtier hypothécaire dans la région de Québec. « C’est la classe moyenne qui y goûte, et on risque de voir de plus en plus de gens qui ne bougeront pas de place ».

Car attention : ces nouvelles règles n’affectent pas seulement les nouveaux acheteurs. Si vous avez présentement un prêt hypothécaire sur 30 ans qui vient à échéance bientôt, il faudra le renouveler. Or si vous décidez de magasiner (changer de prêteur), ou si vous voulez profiter de la hausse de valeur de votre maison pour aller chercher un prêt plus gros, vous subirez la nouvelle règle. Et vous ferez des paiements calculés sur un terme de 25 ans au lieu de 30. La seule façon d’y échapper est de garder le même prêt, et de rester chez votre prêteur…

Bref, nous allons tranquillement réapprendre à vivre selon nos moyens. Mais au final, les acheteurs responsables vont épargner beaucoup en réduisant la longueur de leur hypothèque.

On pourrait dire que Jim Flaherty cherche à nous protéger de nous-mêmes. Mais serait-ce plutôt qu’il cherche à réparer sa propre erreur? On se souviendra que c’est lui et son gouvernement, en 2006, qui ont allongé la période d’amortissement jusqu’à 40 ans. Avec le recul, ce n’était peut-être pas une si bonne idée…


Source: Site web du Journal de Québec

35
Par: David Descôteaux
26 juin 2012

Dans cette crise qui secoue le Québec, il faudrait garder une chose en tête : à droite comme à gauche, on se bat contre le même monstre.

Je ne parle pas de Jean Charest. Je parle du capitalisme de copinage. Un problème qui dépasse largement la contribution de notre frisé national.

Je viens de débuter « A capitalism for the people », de l’économiste d’origine italienne Luigi Zingales. Ses écrits pourraient s’appliquer au Québec, et à beaucoup de pays riches.

Traditionnellement, écrit-il, le spectre politique américain a toujours été divisé entre un côté pro-business, qui apprécie le rôle des incitatifs économiques et de la concurrence, et un côté anti-business. Qui lui, voit l’entreprise soit comme une cible à abattre, soit comme une vache à traire, pour citer Churchill.

Mais ces différences idéologiques se sont gommées avec le temps, poursuit l’auteur. Et les deux côtés ont conspiré pour décider qui allait jouer le rôle de la vache à traire : le contribuable. Aujourd’hui, plusieurs pro et anti-business endossent ce mariage entre entreprises et gouvernement. Le fossé sépare maintenant ceux qui profitent de cette union perverse, et ceux qui s’y excluent…

Capture de l’État

Nous vivons à l’ère du capitalisme de copinage (crony capitalism). Celui où on privatise les profits des banques, tout en refilant les pertes aux contribuables.

Celui où les grosses entreprises dépensent des millions en lobbyistes pour acheter les politiciens. Et pour faire jouer les règles en leur faveur. (Comme ériger des barrières aux produits concurrents étrangers, ou se partager des contrats gouvernementaux à prix gonflés…)

Celui où syndicats, bureaucratie et autres groupes d’intérêt échangent des votes contre des privilèges et des subventions à la pelle.

C’est la capture de l’État par les groupes d’intérêt — qu’ils soient de droite ou de gauche. Et qui se foutent bien qu’on endette à mort la prochaine génération.

Le gros bon sens

Zingales défend le libre marché. Ses écrits rejoignent pourtant ceux du mouvement Occupy, qui a beaucoup fait parler de lui aux États-Unis et à Montréal. Une déclaration de ce mouvement, entre autres, se lit : « Nous ne sommes pas contre les riches, mais contre ceux qui utilisent leur richesse pour acheter des privilèges. Pas contre les entreprises, mais contre le fait qu’elles nous gouvernent. Pas contre le capitalisme, mais contre sa corruption. Pas contre les banques, mais contre leurs pratiques frauduleuses. Pas contre la haute finance, mais contre ses fraudes légales. Nous ne sommes pas contre la démocratie, mais contre le fait que nos élus sont à vendre. »

Qui s’oppose à ce discours?

On risque de s’obstiner encore longtemps sur les solutions. Certains veulent plus de gouvernement pour corriger la situation. D’autres veulent moins de gouvernement — un retour vers le vrai capitalisme. Enfin, il y a ceux qui croient qu’en plaçant au pouvoir la bonne personne, le système va se nettoyer.

Mais à part les extrémistes de chaque côté, on se bat tous, grosso modo, contre le même monstre.

Gardons cela en tête en buvant notre bière autour du BBQ cet été, ou en mangeant nos guimauves autour du feu.


Source: Site web du Journal de Québec

36
Grands enjeux & actualité / Qui a tué le capitalisme?
« le: octobre 22, 2012, 01:30:29 pm »
Par: David Descôteaux
3 juillet 2012

L’autre jour au restaurant, je discutais avec un ami. « Je me suis planté royalement », lui ai-je admis entre deux bouchées de poulet.

Je me suis toujours dit : quand des choix budgétaires difficiles vont s’imposer, quand on frappera le fameux mur, les gens décideront qu’assez, c’est assez! Qu’il faut cesser de vivre au-dessus de nos moyens, et retourner tranquillement vers un monde où le gouvernement fait moins de choses, mais les fait bien.

Or je vois le contraire depuis ce « printemps étudiant ». Au lieu de vouloir mettre l’État au régime, beaucoup préfèrent accuser la corruption, les riches et les entreprises qui ne paieraient pas assez d’impôts, Jean Charest…

Moins d’État? Plus de libre marché? Pas vu de pancarte avec ce slogan.

Torts irréparables

C’est en lisant A Capitalism for the People, dont je vous parlais la semaine dernière, que j’ai cliqué. La réaction des gens est tout à fait légitime. Et la raison devrait nous inquiéter : le parti libéral et ses copains (et d’autres politiciens, soyons honnêtes, dont certains maires), avec toutes les histoires de corruption qui flottent autour d’eux, sont en train de causer un tort irréparable à l’image du « capitalisme » au Québec.

Dans une méritocratie (ou un système capitaliste), écrit l’auteur que je paraphrase ici, quand les citoyens voient qu’on récompense l’effort et le mérite de façon constante et juste, les gens acceptent le système. Mais lorsqu’un système est corrompu, il encourage les gens à tricher. Le système devient alors plus injuste, et sombre rapidement dans un cercle vicieux. « Quand le caractère équitable des règles devient de plus en plus questionnable, et que les bénéfices du système sont distribués de façon trop inégale, le consensus pour une méritocratie de libre marché peut s’effondrer. Et y revenir, une fois ce point atteint, devient presque impossible. »

Il faut méditer la dernière phrase. Nous sommes sur cette pente dangereuse au Québec.

Essayez donc de convaincre les gens d’ouvrir la santé à la concurrence et au privé pour réduire les listes d’attente ou améliorer le service, quand on entend parler chaque jour de collusion, de surfacturation et de favoritisme.

Essayez de convaincre votre voisin qu’il faudrait un peu plus de libre marché dans notre système de garderies, quand on lit que des places sont octroyées selon la contribution que vous faites au parti libéral…

Essayez de vanter les mérites de la concurrence à votre beau-frère, quand on se fait répéter que les appels d’offres de contrats publics sont truqués.

Le cercle vicieux

Et au banc des accusés, on retrouve souvent le même coupable : ce bon vieux capitalisme.

Quand un gouvernement est petit, la meilleure façon de s’enrichir est de démarrer sa propre entreprise, écrit l’auteur. Mais plus gros est le gouvernement et plus nombreuses ses dépenses, plus il devient facile de s’enrichir en détournant l’argent public. Démarrer son entreprise est coûteux et risqué, alors qu’avec de bons contacts, obtenir une faveur ou un contrat du gouvernement est plus facile. Mais dans l’œil du public, plus nombreux sont les capitalistes qui s’enrichissent grâce à leurs contacts politiques, plus grande est la perception que le capitalisme est injuste et corrompu.

J’ajouterais : et toute réforme économique visant à insuffler plus de « libre marché » devient périlleuse pour un politicien.

Quelque chose me dit que nous n’avons pas encore pris la pleine mesure des dommages causés par la corruption du système et de la classe politique.


Source: Site web du Journal de Québec

37
Grands enjeux & actualité / Revenu Québec: Cours contribuable, cours!
« le: octobre 22, 2012, 01:29:10 pm »
Par: David Descôteaux
8 juillet 2012

Revenu Québec a récupéré 2,8 milliards $ en impôts et taxes impayés en 2010-2011. L’agence a faim. Elle en veut plus cette année, et plus encore l’an prochain. Faut-il s’en réjouir?

D’un point de vue d’équité entre contribuables, oui. Dans un monde idéal, nous paierions tous moins de taxes. Mais nous ne vivons pas dans un monde idéal. Et puisque chacun doit contribuer aux revenus de l’État selon les règles, une personne qui cache des revenus au fisc augmente le fardeau fiscal des autres.

Sauf que…

Au moment où Revenu Québec se pète les bretelles, on apprend que l’État gaspille des milliers de dollars pour des « œuvres d’art » douteuses. Fruit d’une politique déconnectée de notre réalité financière. Que les voyages de nos députés aux quatre coins du monde nous coûtent 50 % de plus que l’an dernier. Qu’on dépense des millions $ pour subventionner des canards boiteux. Bref, qu’on dilapide toujours nos impôts.

Mémo aux politiciens : l’équité fiscale, c’est aussi le gouvernement et les bureaucrates qui font un RÉEL effort. Pendant que les citoyens — dont plusieurs honnêtes — se font pourchasser par les matamores de Revenu Québec. Avec leurs quotas à remplir, leurs méthodes douteuses, et leur méga-ordinateur « Big Brother », capable de découvrir combien de sachets de ketchup vous avez mis dans votre Big Mac le 12 mai 1986.

Question comme ça : ce système informatique peut crucifier le pauvre dirigeant de PME qui a mal rangé ses factures. Mais souffre-t-il d’un « bogue » qui l’empêche de pincer des Hell’s, des Mohawks ou des banquiers aux Caraïbes?

Chiffres exagérés

Par ailleurs, Revenu Québec exagère sans doute ses résultats.

Comme l’explique l’avocat Paul Ryan dans son livre Quand le fisc attaque, le gouvernement comptabilise ses revenus dès qu’ils sont facturés, plutôt qu’au moment où ils sont perçus. Donc, lorsque le gouvernement annonce avoir récupéré X milliards $, il veut plutôt dire qu’il a envoyé pour X milliards $ en cotisations. Mais plusieurs de ces créances s’avéreront impossibles à recouvrer. Le Vérificateur général a d’ailleurs souligné que Revenu Québec — qui expédie des cotisations à la tonne — gonfle ses résultats en sous-estimant la valeur des mauvaises créances.

Le hic, c’est que le ministre des Finances prend ces chiffres de Revenu Québec, et les ajoute à « son effort » pour le retour à l’équilibre budgétaire. Ça veut dire que son effort (qui est en grande partie le nôtre) serait, lui aussi, surestimé.

Le manège sans fin

Revenu Québec a récemment embauché des centaines de vérificateurs, et veut en embaucher d’autres. Pourtant, la chasse aux fraudeurs devrait logiquement s’essouffler avec le temps. Plusieurs transactions disparaissent au fur et à mesure qu’on les taxe. Rénover une cuisine « au noir » pour 10 000 $ est une chose, le faire pour 15 000 $ ou 20 000 $ en est une autre. Au « vrai » prix, ces transactions deviendront moins nombreuses. Plusieurs restaurants ont également fermé depuis qu’on les oblige à posséder un module d’enregistrement des ventes. Vous ne les reverrez plus. Ni eux, ni leur TVQ impayée.

C’est quand même ironique. Pour équilibrer le budget, on embauche encore plus de fonctionnaires — dont on ne pourra jamais se départir, eux et leur pension. Et on va construire un nouvel immeuble pour les loger. Dans lequel on va payer 1 % du budget pour une œuvre d’art qui n’en vaudra pas ce prix. Pendant que les députés vont continuer de visiter la planète à grands frais. Et qu’on va continuer de subventionner des canards boiteux…

Et quand on va manquer d’argent, on va vous courir après. Et on va se péter les bretelles avec les résultats.


Source: Site web du Journal de Québec

38
Par: David Descôteaux
10 juillet 2012

Imaginez : vous habitez une ville où sévit le deuxième plus haut taux de crimes violents en Californie. Les gangs de rue font la loi dans plusieurs quartiers. Aller chercher une pinte de lait au dépanneur s’avère parfois une aventure.

Et là, vous apprenez que votre ville, pour des raisons budgétaires, va couper le quart de ses effectifs policiers. Vous regrettez soudainement le bon vieux temps où le laitier passait en camion…

Stockton, à l’est de San Francisco, vient de déclarer faillite. À 290 000 habitants, c’est la plus grosse ville à se réfugier sous la protection des tribunaux aux États-Unis. Nous devrions en tirer des leçons.

Le gros party

Au milieu des années 1990, le boom immobilier fait pleuvoir des revenus dans les coffres de Stockton. Celle-ci accorde à ses employés des conditions parmi les plus généreuses — et insoutenables — de Californie. Retraite à 50 ans pour certains, assurance médicale 100 % payée par la Ville pour l’employée et son conjoint, policiers et pompiers qui gagnent à la retraite autant que lorsqu’ils travaillaient… Bref, la totale, explique la vice-mairesse Kathy Miller, dans une série de vidéos sur YouTube.

Les gestionnaires de la Ville ne sont pas en reste. Ils partent sur une « balloune », croyant que la bulle immobilière va durer éternellement. Développements immobiliers, aréna, mairie à 35 millions $… On n’a pas d’argent, mais on a une carte de crédit!

Soudain, paf! La bulle immobilière éclate. La récession frappe Stockton comme une tonne de briques. Les saisies immobilières explosent, les revenus de la ville plongent. Le taux de chômage frise aujourd’hui les 20 %.

Résultat : la Ville largue le quart de ses policiers, le tiers de ses pompiers, et près de la moitié du reste des employés. Toutefois, impossible de toucher aux régimes de retraite. Stockton n’a plus d’argent, et craint de coûteuses poursuites par les syndicats (So, so, solidarité, qu’ils disent…)

En 2008, c’était au tour de Vallejo de lancer la serviette. L’auteur Michael Lewis raconte que peu avant la faillite, 80 % du budget de cette ville californienne servait à payer le salaire et les avantages sociaux des employés, surtout pompiers et policiers.

Aujourd’hui c’est Scranton, en Pennsylvanie. La ville n’a plus que 5000 $ dans son compte de banque, selon la chaîne NPR. Le maire n’a plus le choix : depuis vendredi dernier, il paye tous les employés publics… au salaire minimum!

Et nous?

Nous ne sommes pas la Californie. Mais le destin de ces trois villes devrait, au minimum, nous servir d’avertissement. Une leçon sur ce qui arrive quand on pellette toujours les problèmes en avant. Quand une ville (ou province) refuse d’entreprendre des réformes pendant qu’il est encore temps. Qu’elle laisse des incompétents — corrompus? — gérer ses finances trop longtemps. Quand elle s’imagine que les revenus du boom immobilier demeureront pour toujours…

Au Québec, on évalue le déficit actuariel des régimes de retraite municipaux à près de quatre milliards $. La dette municipale a grimpé de près de 20 % depuis deux ans (notamment dû aux dépenses d’infrastructures). Elle atteint 21 milliards $, notait récemment Peter Hadekel dans la Gazette.

Avec les taux d’intérêt anémiques qui plombent les caisses de retraite, et le vieillissement de la population, les problèmes vont empirer. Les dettes et les promesses de retraite vont nous exploser au visage un jour, nous aussi. Et tous les contribuables devront payer la facture.

Non, nous ne sommes pas la Californie. Mais nous avons quand même la tête dans le sable. Il faudra la sortir un jour. Le plus vite sera le mieux.


Source: Site web du Journal de Québec

39
Grands enjeux & actualité / Mamie, papi et les banques
« le: octobre 22, 2012, 01:24:38 pm »
Par: David Descôteaux
24 juillet 2012

Les parents ou les psys qui s’inquiètent de la prolifération d’enfants-roi devraient jeter un œil sur le monde de la finance. Ils verront ce qui arrive, à long terme, quand on gâte et pourrit ces grands bébés.

Plusieurs scandales font surface ces jours-ci. Les milliards $ perdus par la banque JP Morgan, et cachés par ses courtiers. La manipulation des taux d’intérêt (Libor) par plusieurs grandes banques — sous le regard complice du gouvernement, soulignons-le. Et le blanchiment d’argent criminel par la banque HSBC.

Mais doit-on vraiment s’en surprendre? Quand les politiciens décident que les contribuables vont sauver le cul des banques quoiqu’il arrive, cela entraîne des conséquences.

Bébés gâtés

Dans son livre A capitalism for the people (que je cite pour la dernière fois, promis!), l’économiste Luigi Zingales illustre avec brio ce problème d’« aléa moral ».

Imaginez que vos enfants se comportent mal. Vous essayez de les discipliner, mais chaque fois, leurs grands-parents arrivent et les « sauve ». Pour acheter la paix, et préserver l’harmonie familiale.

À court terme, leur intervention semble bénéfique. Les enfants sont contents, personne ne pleure, et la belle journée se poursuit. Mais à long terme? On se retrouve avec des enfants gâtés pourris, et des parents malheureux.

Le lien avec la politique? Les grands-parents ont une motivation à gâter leurs petits-enfants, poursuit Zingales : la gratitude de ces derniers, et la paix temporaire. De plus, mamie et papi ne subiront pas les conséquences à long terme des comportements impunis des enfants. (Puisqu’ils sont rarement à la maison, et qu’ils vont mourir bientôt).

De la même façon, les politiciens sont heureux de sauver les banques ou les pays qui dépensent trop. Car ils en profitent. C’est rentable politiquement d’avoir une économie qui donne l’impression (artificielle) de bien aller. Les politiciens profitent aussi de la gratitude des banquiers « sauvés », surtout lorsque viendra le temps de se trouver un emploi dans le privé… Et comme les grands-parents, les politiciens risquent peu de souffrir des conséquences à long terme de leur geste. Ils ne seront plus au pouvoir quand ces conséquences se produiront.

De pire en pire

Mais comme avec les enfants, si vous refusez de laisser le marché punir les mauvais comportements financiers, vous ne ferez qu’empirer la situation. Le capitalisme repose sur le principe qu’un individu doit subir les conséquences de ses erreurs. Sinon, jamais il n’apprendra.

Cette « politique de sauvetage », note Zingales, a commencé en 1994. Lors du sauvetage de l’économie mexicaine et du Peso. (Et surtout, des banques américaines, qui avaient prêté des milliards à ce pays.) Ce geste — et la promesse implicite de futurs sauvetages — a éliminé la peur chez plusieurs prêteurs et PDG. Grave erreur. La peur est un élément clé pour discipliner les décisions financières, rappelle l’auteur.

Résultat : aujourd’hui, l’aide gouvernementale est une drogue, dont le système financier est accroc, écrit Zingales. Arrêtez de lui en donner, et la panique s’empare des marchés. Sauf que, comme un junkie, le système financier en réclame toujours plus. Jusqu’au jour où ce sera impossible pour l’État de le sauver.

Vous vous souvenez de 2008? On disait qu’il fallait sauver les banques américaines, car elles étaient « trop grosses pour tomber ». Devinez quoi? Aujourd’hui, elles sont 23 % PLUS grosses qu’il y a 5 ans… selon le professeur Neil Barofsky, qui a lui-même supervisé le plan de sauvetage des banques en 2008.

On peut réprimander les banques, ou les enfants. Mais tant que les politiciens vont jouer à papi et mamie, le problème va empirer. Un jour ou l’autre, il faudra changer de stratégie. Et laisser le marché sortir sa strap.


Source: Site web du Journal de Québec

40
Par: David Descôteaux
29 juillet 2012

Comme ça, on s’en va en élection. Je me demande ce qu’on va nous servir comme bull***t durant les prochaines semaines.

On risque encore une fois d’assister à un pathétique concours de popularité. Alors qu’on devrait débattre de problèmes urgents qui assaillent le Québec. Problèmes qui affligent la classe moyenne, les familles et nos PME.

Questions aux candidats

Que ferez-vous pour que la TVQ, les taxes sur l’essence ou les tarifs de toute sorte cessent de grimper et de nous étouffer? À quand le retour d’une loi anti-déficit quand le Québec n’est pas en récession? Une vraie, cette fois. Avec des dents! À voir les cadeaux que le père Noël libéral lance à droite et à gauche ces temps-ci, nous avons besoin de cette loi au plus vite.

Et comment allez-vous désamorcer la bombe à retardement que sont les régimes de retraite? Vu les faibles rendements et la population qui vieillit, les contribuables seront forcés de vider leurs poches pour maintenir à flot les régimes publics, dont seule une minorité profite. Comment proposez-vous de répartir la facture de ce gâchis, résultat de promesses intenables faites par vos prédécesseurs?

Nous payons de plus en plus cher pour la santé, mais les services — surtout l’attente — empirent! Qui osera s’inspirer de la Suède, des Pays-Bas ou du Danemark? Des pays sociaux-démocrates qui ont eu l’intelligence d’embrasser l’aide du privé, en s’assurant que tous, pauvres comme riches, aient accès aux soins. Pays où les listes d’attente sont minimes comparé à ici, et où les pauvres sont mieux servis que les nôtres.

Malgré une nouvelle taxe santé de 200 $ par citoyen, qu’est-ce qui a changé? Des parents continuent de poireauter dans des files d’attente digne de l’ex-URSS devant la clinique, et deux millions de Québécois demeurent sans médecin de famille. Vous proposez quoi, concrètement, pour améliorer la situation?

La dette

On l’a compris, vous ne la rembourserez jamais. L’important c’est de trouver de nouveaux prêteurs pour rembourser les dettes qui viennent à échéance. Faire durer le manège, quoi. Dans ce cas, comment s’assurer que ces investisseurs continuent à nous prêter à des taux bas? L’Europe nous sert un avertissement. Quand les prêteurs se mettent à exiger des taux d’intérêt élevés, il faut hausser les impôts des citoyens pour boucler le budget, ou couper dans les services. Que ferez-vous pour éviter ce scénario?

Pourquoi pas commencer par un sevrage collectif de l’endettement? Nous ajoutons en moyenne plus de sept milliards $ par année sur la dette du secteur public depuis 10 ans. Si on ne fait rien, les intérêts de cette dette vont prendre une place croissante dans le budget — même si les taux demeurent bas. Et nous devrons couper dans d’autres missions de l’État.

Les entrepreneurs

La paperasserie est un « irritant majeur » pour 41 % des PME québécoises. Les taxes sur la masse salariale sont beaucoup plus élevées ici qu’ailleurs au Canada. Mais en même temps, les contribuables versent des milliards $ en subventions aux entreprises… Pourquoi ne pas alléger la paperasse et les taxes, et réduire les subventions? Simplifions, allégeons, détaxons, comme l’écrit Pierre Duhamel dans son livre Les entrepreneurs à la rescousse. Ce sera dans vos discours?

On ne veut pas savoir si Jean Charest est un Bonhomme Sept Heures à la solde du « néolibéralisme ». Si Pauline Marois est une Castafiore déconnectée, obsédée par les referendums. Ou si François Legault est une coquille vide. On veut entendre vos propositions concrètes sur ces enjeux (et bien d’autres) qui nous affectent tous les jours. Et qui grugent notre portefeuille.

Les contribuables sont les dindons de la farce au Québec depuis trop longtemps. Vous proposez quoi pour que ça change?


Source: Site web du Journal de Québec

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Grands enjeux & actualité / Laissons la Caisse tranquille
« le: octobre 22, 2012, 01:21:19 pm »
Par: David Descôteaux
2 août 2012

Parmi les sujets sur lesquels on va s’obstiner pendant les élections, il y aura un grand absent : la mission de la Caisse de Dépôt.

Pourquoi c’est important? Parce que la Caisse doit faire fructifier notre épargne pour nos vieux jours (notamment la réserve de la RRQ, et plusieurs régimes de retraite de fonctionnaires). Pour certains d’entre nous, ce sera leur seul bas de laine. Si la Caisse se plante, il faudra payer plus de cotisations à la RRQ sur nos chèques de paye, ou se contenter de moins à la retraite.

Et un rendement de 4 % comme la Caisse a fait l’an dernier, par exemple, est insuffisant pour maintenir à flot les régimes de retraite. Or, vu la situation macroéconomique, les rendements faméliques pourraient se poursuivre encore quelque temps. Il faut donc viser le meilleur rendement possible. Le hic, c’est que la Caisse a officiellement deux missions : faire fructifier les fonds de ses clients, mais aussi contribuer au développement économique du Québec.

Je regrette, mais quoi qu’on en dise, ces deux missions sont incompatibles. À tout le moins, l’une empiète nécessairement sur l’autre à un moment donné. When push comes to shove, comme disent les Chinois, il faut choisir laquelle doit prévaloir. Nous en avons un exemple en ce moment avec l’américaine Lowe’s qui veut acheter Rona. Plusieurs intervenants somment la Caisse d’intervenir, mais pour des motifs politiques ou nationalistes. Et non pour maximiser le rendement des déposants. On sait aussi que François Legault, chef de la CAQ, souhaite que la Caisse investisse plus au Québec, au détriment d’autres opportunités de placement.

Au royaume de la subvention

Pourtant, si le gouvernement veut s’ingérer dans l’économie — et il le fait allégrement —, ce ne sont pas les instruments qui manquent. Investissement Québec (IQ) et la SGF (maintenant intégrée à IQ) sont déjà là pour aider « nos champions ». Les fonds FIER, les fonds ci, les fonds ça, les pôles de ci, de ça, le Fonds de solidarité (dont l’actif dépasse 8,5 milliards $!), le Fondaction CSN, celui de Desjardins — tous des fonds, en passant, qui profitent de généreux crédits d’impôt JUSTEMENT parce qu’ils sont censés investir au Québec… Ajoutons les milliards $ en subventions aux entreprises (trois fois plus qu’en Ontario, même si nous avons moins d’entreprises qu’eux), la galaxie de programmes de subventions, les interventions presque hebdomadaires de nos ministres pour « sauver » telle ou telle usine, ou pour faire le bouche-à-bouche à des canards boiteux. L’électricité fournie au rabais à des entreprises, qui est aussi une forme de subvention. Et j’en passe…*

Nous sommes les champions incontestés des subventions et de l’aide de toute sorte. Les médaillés d’or de l’ingérence économique. Et ce n’est pas assez? Il faudrait, en plus, que la Caisse s’en mêle?

Et pourquoi ne pas lui sacrer la paix? Afin qu’elle puisse se concentrer à maximiser le rendement pour ses déposants, sans contrainte aucune? (À titre informatif, rappelons qu’en 2009, le PDG de la Caisse Michael Sabia avait dit que ce n’était pas la mission de la Caisse de sauver les sièges sociaux…)

Vu la difficulté pour la Caisse d’obtenir des rendements suffisants, vu la situation économique mondiale, et vu le danger pour nos régimes de retraite, espérons qu’un candidat osera débattre de cet enjeu pendant les prochaines semaines.

Ce n’est pas à la Caisse de dépôt d’assouvir les fantasmes nationalistes de nos politiciens. Ou de les faire bien paraître à la veille d’une élection. Nous avons déjà assez (trop) de programmes et de bureaucrates qui gaspillent nos impôts pour satisfaire ces ambitions discutables. Le rendement du bas de laine des Québécois doit l’emporter sur tout autre objectif.


* (Merci à Jean, un lecteur, d’avoir porté cette évidence à mon attention.)


Source: Site web du Journal de Québec

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Grands enjeux & actualité / L’« affaire Anticosti »
« le: octobre 22, 2012, 01:19:52 pm »
Par: David Descôteaux
5 août 2012

Vous en avez sûrement entendu parler. Le gouvernement a laissé des petites entreprises pétrolières s’approprier des permis d’exploration sur l’île d’Anticosti pour presque rien autour de 2008. Quelque temps plus tard, on apprend que l’île cacherait quelque 40 milliards de barils de pétrole…

À 100 $ le baril, ça fait 4000 milliards $, s’empressent de relayer certains. On pourrait payer la dette 15 fois! ajoutent d’autres. On s’indigne gros sur Facebook et Twitter, et dans les chaînes de courriels. On parle du « vol du siècle ».

S’est-on fait avoir? Hydro-Québec a-t-elle vendu au rabais ces permis, sachant qu’il y avait du pétrole et que ces permis valaient beaucoup plus? Franchement, je n’en ai aucune idée. Par contre ce que je sais, c’est que le chiffre de 4000 milliards $, qu’on balance à tout vent sur les réseaux sociaux, est trompeur.

Une fraction dans les poches

Ce n’est pas comme si les pétrolières, dont les québécoises Junex ou Pétrolia, allaient se mettre tout ça dans les poches. Sur les fameux 40 milliards de barils, seuls 5 % à 10 % seraient récupérables. (J’ai parlé au PDG de Pétrolia il y a quelques semaines, et il espère récupérer 5 % de la ressource). Allons-y pour 10 %. Cela donne quatre milliards de barils. Au prix de 100 $, ça donne 400 milliards $. C’est gros, oui. Mais attention! Il faut aussi soustraire les coûts (coûts que le gouvernement aurait aussi à payer s’il développait lui-même la ressource). Quels seront ces coûts? Ou plutôt, quelle sera la marge de profit sur ces activités? Impossible à savoir. Cela peut varier selon l’endroit, le type de pétrole, et une foule de facteurs.

La marge de profit des pétrolières intégrées se situe sous les 10 %. Cela peut être très différent pour une entreprise « junior ». Mais même si cette marge était plus élevée, on se retrouve quand même avec une fraction des hypothétiques 400 milliards $.

Milliards qui seront répartis sur plusieurs années, et en espérant que le prix du baril demeure autour de 100 $. (Rappelons qu’il a chuté autour de 50 $ en 2008 pendant la crise.) Notons que les techniques d’extraction évoluent, ce qui peut éventuellement pousser à la hausse le taux de récupération, et la possibilité de profit.

Donc ce n’est pas rien. C’est énorme. Mais on est très loin de l’image frappante de 4000 milliards $. Et une bonne partie de cet argent peut être récupéré par l’État via des redevances dignes de ce nom, par l’impôt que payeront ces entreprises et leurs employés, ou par une participation directe du gouvernement dans ces compagnies (ce qui est déjà le cas avec Pétrolia, détenue à 13 % par Investissement Québec).

Qu’en pense le marché?

Le chef des finances de Junex Dave Pépin écrivait récemment dans le Huffington Post que la valeur totale de l’entreprise en Bourse est de 55 millions $. Et le marché accorde seulement une valeur nette de 25 millions $ à tous ses permis d’exploration au Québec. Cela démontre une chose : il existe toujours un risque, une incertitude, pour Junex ou Pétrolia dans cette aventure. Rien n’est encore gagné. Les choses changent vite dans l’industrie des ressources, et les investisseurs demeurent craintifs. Ce serait la même chose si l’État québécois était aux commandes.

On peut s’indigner. Et cette « affaire » soulève en effet beaucoup de questions, qui devront être répondues. Mais indignons-nous avec des chiffres un peu plus près de la réalité. Sinon, rien ne vous empêche d’investir votre REER, celui de votre conjoint(e) celui de votre beau-frère et celui de vos parents dans ces entreprises. Si elles ont réussi « le vol du siècle », comme plusieurs croient, vous ferez sûrement la passe…


Source: Site web du Journal de Québec

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Grands enjeux & actualité / Les automobilistes payent encore
« le: octobre 22, 2012, 01:15:46 pm »
Par: David Descôteaux
19 août 2012

Les maires de la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM) ont plein de beaux projets de transport en commun. Et c’est encore vous, automobilistes, qui allez payer la facture.

La CMM propose la même chose qu’à toutes les années : qu’on frappe les automobilistes avec de nouvelles taxes et de nouveaux frais! Augmenter de 5 cents la taxe sur l’essence sur une période de dix ans. Majorer de 2 cents par litre le budget consacré aux transports en commun, et hausser les frais d’immatriculation en les modulant selon le nombre de cylindrées.

Comme si les automobilistes ne payaient pas assez comme ça… À eux seuls, ils verseront cette année près d’un milliard de dollars pour financer le transport en commun, fait remarquer l’Association canadienne des automobilistes (le CAA-Québec). Rappelons que sur chaque litre d’essence que vous mettez dans votre voiture à Montréal, il y a près de 50 cents en taxes… Et que la Ville a imposé une taxe d’immatriculation de 45 $ il y a à peine douze mois pour financer le transport en commun. Qui elle, s’ajoute à la taxe spéciale de 3 cents le litre que payent déjà les Montréalais…

Mais ce n’est pas assez. Il en faut toujours plus.

Le CAA-Québec aussi a présenté ses demandes au gouvernement, le printemps dernier. Qui contrastent avec les vues de nos bureaucrates du transport en commun. Parmi celles-ci : imposer un moratoire sur les nouvelles contributions des automobilistes, mettre sur pied des mécanismes de reddition de compte, et maintenir les investissements routiers.

En d’autres mots : les automobilistes trouvent qu’ils paient déjà assez. Ils ont l’impression que leur argent tombe dans un puits sans fond. Et aimeraient qu’on continue de retaper nos routes – trop longtemps négligées – avant de quadriller la province de trains et de tramways.

Où va l’argent?

Quand on parle du coût du transport en commun, on parle rarement du contrôle de ces coûts. On se demande toujours qui faire payer : l’automobiliste ou l’usager? Il faudrait plutôt se demander où va l’argent. Et si on peut faire des économies au sein même des organismes qui le dépensent.

Par exemple, les dépassements de coûts – parfois scandaleux – sont amplement documentés. Que ce soit le prolongement du métro à Laval, le train de l’Est ou de la voie rapide pour autobus sur Pie-IX. Pourtant, personne ne semble jamais responsable.

Les organismes eux-mêmes (comme la STM à Montréal) dépensent-ils l’argent des contribuables avec une efficacité optimale? La question se pose, surtout quand on parcourt les conventions collectives béton de ces organismes. Et qu’on y lit, entre autres, que la société « s’engage à ne pas effectuer de mise à pied d’employé régulier pendant toute la durée de la présente convention collective ». Peu importe la demande, les améliorations technologiques et les gains d’efficacité qui en découleraient?

Ou quand on apprenait, en 2011, que le nombre de cadres à la STM allait passer de 37 à 41. Et leur masse salariale augmenter de 17,6 %. Pendant que le coût de la « passe » de métro augmente tous les six mois ou presque…

Et dans les villes comme Laval et Montréal, dont les maires Vaillancourt et Tremblay sont membres du conseil de la CMM, il n’y a pas de gaspillage? Quelques dollars qu’on pourrait économiser pour payer ces projets de transport en commun? Poser la question, c’est y répondre.

Avant de se ruer encore une fois sur l’automobiliste, il faut se demander pourquoi le transport en commun dévore les fonds publics comme un ogre insatiable. Et avant de venir quémander à nouveau des parents captifs, qui ont besoin de leur auto pour travailler ou amener les enfants à la garderie, les maires doivent faire le ménage dans leur propre cour.


Source: Site web du Journal de Québec

44
Par: David Descôteaux
23 août 2012

Lors du dernier débat, les candidats Legault et Marois ont enfin parlé de l’éléphant dans la pièce : les régimes de retraite déficitaires. On pourrait même dire : l’éléphant dans votre portefeuille. Car tous les contribuables devront éponger le dégât qui s’annonce.

Les régimes de retraite publics sont largement sous-capitalisés. Et ce, à tous les niveaux de gouvernement, écrit la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI) dans une étude. De combien? Attachez votre tuque… plus de 300 milliards de dollars!

Promesses d’ivrogne

La source du problème : les politiciens, qui ont promis aux fonctionnaires des pensions dont le rendement serait garanti — et relativement élevé. Et qui leur ont assuré qu’en cas de pépin, les contribuables allaient renflouer la caisse.

C’est de la folie. Dans un monde où les rendements obligataires sont presque nuls, et ceux de la bourse très volatils. Où l’espérance de vie — donc la durée de la retraite — s’allonge année après année, et où la proportion de vieux par rapport aux jeunes augmente constamment.

Mais élection après élection, nos élus ont préféré acheter la paix. Et repousser le problème.

Bien sûr, les employés publics contribuent aussi à leur régime. Et c’est vrai que certaines administrations ont pris des congés de cotisations. En dépensant ailleurs l’argent qu’ils devaient mettre dans la caisse. Mais le problème n’est pas le manque d’argent, montre la FCEI. En 2001, l’État versait en moyenne 5754 $ par année pour chaque fonctionnaire. En dollars constants, il verse aujourd’hui 9976 $… Et le problème continue d’empirer. Surtout dans les villes, mais aussi dans les tours à bureaux de Québec et d’Ottawa. Notamment parce que le nombre d’adhérents aux régimes publics augmente deux fois plus vite que le taux d’emploi dans le secteur privé.

Le trou se creuse

L’impact se fait déjà sentir. À Montréal, il manque 2,7 milliards $ dans les coffres. Presque le double de l’an dernier! La situation empire rapidement. L’an prochain, la Ville devra verser plus de 600 millions $ dans les caisses de retraite de ses employés. C’est 132 millions $ de plus que l’an dernier. C’est aussi 13 % de son budget, soit plus que le montant consacré aux transports en commun, note la FCEI.

Montréal n’est pas seule. Renflouer les caisses coûte des millions aux municipalités chaque année. Les conséquences sont mathématiques : le statu quo signifie soit des hausses d’impôts, soit moins de services à la population.

Ceux qui sonnent l’alarme se font accuser d’attaquer les fonctionnaires. Non. C’est une question d’équité. Certains employés municipaux profiteront de rentes dont la valeur excède le million de dollars — et garanti, peu importe les aléas de la bourse. Combien de Québécois sans régime de retraite réussiront à accumuler ce montant dans leurs REER? Ce sont pourtant eux, aussi, qui devront renflouer la pension des premiers.

À Québec, le passif net au titre des régimes de retraite de la fonction publique s’élève à quelque 28 milliards de dollars. C’est loin d’être des pinottes. Et à moins d’une croissance boursière phénoménale, ça représente des impôts futurs à payer pour les Québécois. Qui en majorité n’ont même pas de régime de retraite!

Je le répète : la faute incombe aux politiciens qui ont fait des promesses intenables, et non aux fonctionnaires. Reste que tout le monde devra payer. Le défi de notre prochain ministre — avant même la dette, la souveraineté, la Caisse ou une quelconque lubie nationaliste — sera de trouver comment partager la facture.

Pour ça, il ou elle devra affronter les syndicats, qui devront accepter moins. Mais aussi convaincre des contribuables déjà échaudés, de payer plus. Bonne chance.


Source: Site web du Journal de Québec

45
Grands enjeux & actualité / Les mirages du Plan Nord
« le: octobre 22, 2012, 01:12:04 pm »
Par: David Descôteaux
26 août 2012

Avec son Plan Nord, Jean Charest ressemble de plus en plus au gars qui arrive avec sa bière dans un party à une heure du matin. Il reste un peu de fun à se faire, oui. Mais le meilleur est passé. Et les belles filles se font déjà cruiser, ou commencent à être malades…

Pendant que nos trois chefs de partis s’obstinent entre eux sur les redevances à tirer de nos ressources naturelles, le boom des ressources, lui, s’essouffle.

Il y a de quoi s’inquiéter. Car nos politiciens misent à divers degrés sur les ressources – notamment les redevances minières du Plan Nord — pour payer les promesses qu’ils nous font. Et pour rembourser la dette. Et même si ça n’apparait pas dans leurs cadres financiers, ils se croisent les doigts pour que pleuvent un jour des pétrodollars provenant de l’île d’Anticosti et du golfe du St-Laurent. (C’est le cas de M. Legault, notamment.)

Je ne veux pas gâcher leur fun, mais il y a comme un pépin : en ce moment le moteur chinois cale. Lui qui tire la demande de ressources depuis des années avec ses gratte-ciel, condos et hôtels qui poussent comme des champignons. Certains craignent même un crash de l’économie chinoise. L’Inde et le Brésil s’essoufflent, et l’Europe s’apprête à plonger en récession. Elle risque d’y patauger pendant quelques années.

Les géants reculent

La semaine dernière, la réalité a frappé. Les géants miniers Rio Tinto et BHP Billiton, entre autres, ont décidé de mettre sur la glace des projets de développement miniers de plusieurs milliards $. Parce que les coûts de développement augmentent, alors que les prix des métaux baissent. Et les profits s’effondrent. « Le boom des ressources naturelles est terminé », a même déclaré le ministre australien des Ressources à la radio australienne, rapporte Reuters.

Le Canada n’y échappera pas. La valeur des transactions minières au pays a plongé de 41 % pendant les six premiers mois de l’année par rapport à l’an dernier, calcule la firme Ernst & Young. À cause du ralentissement économique et de la chute des prix des ressources, les sociétés minières remettent en question leurs décisions d’investissement.

Le timing du plan nord semble de plus en plus douteux. (Du moins le volet gouvernemental, car les entreprises y investissaient déjà avant que Jean Charest ne se visse un casque blanc sur la tête pour les photographes…) Il faut cependant dire que les investissements miniers battent des records au Québec. La question : est-ce que ça va durer?

Un plan B?

Quant aux revenus potentiels du pétrole d’Anticosti, ils demeurent hypothétiques. Il pourrait bien n’y avoir aucune goutte de pétrole exploitable sur cette île. Et s’il y en a, le développement prendra des années. Nos créanciers cogneront à notre porte bien avant…

Bref, il ne faudrait pas trop miser sur les ressources pour équilibrer nos budgets. Parce qu’on pourrait avoir des surprises.

Depuis plusieurs mois, l’économie du Québec ralentit. Des milliers d’emplois se perdent. La croissance est même tombée négative en mai. Mais rien n’y fait. Les Marois, Charest et Legault continuent de vivre politiquement au-dessus de leurs moyens. Ils continuent de promettre et de dépenser, en se fiant sur des scénarios de revenus et de rentrées d’argent incertains, dans certains cas fantaisistes.

J’espère qu’ils ont un plan B. Juste au cas.


Source: Site web du Journal de Québec

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