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Auteur Sujet: Plan budgétaire 2007-08: Économie Internationale  (Lu 2094 fois)

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Plan budgétaire 2007-08: Économie Internationale
« le: mars 01, 2007, 09:57:03 pm »
Ce qui suit est un extrait du Plan Budgétaire 2007-2008 préparé par le Secrétariat du Conseil du trésor pour le compte de tous les Québécois.


1. LE CONTEXTE ÉCONOMIQUE INTERNATIONAL

1.1 L'économie mondiale perdra de sa vigueur

La croissance de l'économie mondiale a été très vigoureuse au cours des trois dernières années, atteignant 5% en 2006. Cette expansion rapide s'est déroulée dans un contexte d'intensification des échanges commerciaux, de forte croissance de la production dans les économies émergentes, de resserrement des politiques monétaires et d'inflation modérée malgré une forte hausse du prix du baril de pétrole brut.

La croissance du produit intérieur brut (PIB) réel mondial devrait se modérer à 4,3% en 2007 et en 2008:

  • les États-Unis continueront à soutenir la croissance mondiale, bien que des problèmes dans les secteurs résidentiel et manufacturier limiteront la vigueur de l'économie américaine;
  • la Chine, présentement aux prises avec un risque de surchauffe de son économie, devrait connaître un ralentissement de sa croissance économique au cours des prochaines années en raison de mesures restrictives imposées par les autorités;
  • les pays membres de l'Union européenne verront la croissance de leur économie se modérer, notamment en raison de la hausse de la taxe sur la valeur ajoutée en Allemagne.

De façon générale, le resserrement des politiques monétaires, amorcé en 2004 à l'échelle de la planète, freinera la croissance économique mondiale, mais la stabilisation du prix du pétrole devrait en atténuer les effets.

Le resserrement monétaire est essentiellement complété

Depuis 2004, l'accélération de la croissance économique des pays du G-7 ainsi que les pressions inflationnistes ont amené les banques centrales à resserrer leur politique monétaire. La hausse des taux d'intérêt qui s'est amorcée aux États-Unis en 2004, en zone euro et au Canada en 2005, ainsi qu'au Japon en 2006, devrait prendre fin cette année, sauf au Japon.

À mesure que se résorberont les pressions inflationnistes, les autorités monétaires, à commencer par la Réserve fédérale américaine et la Banque du Canada, devraient à tour de rôle abaisser leur taux d'intérêt directeur à des niveaux favorisant la poursuite du cycle d'expansion de leur économie.

Forte croissance économique en Asie

L'Asie, propulsée par la Chine, restera la région la plus dynamique du monde au cours des deux prochaines années.

En Chine, l'activité économique s'est accrue de 10,6% en 2006. La hausse des investissements en zone urbaine a atteint une telle intensité que le gouvernement chinois a mis en place au cours des dernières années des mesures visant à diminuer les risques de surchauffe de l'économie, notamment dans les industries de l'automobile et de l'acier. Ainsi, la croissance de l'économie devrait ralentir à 9,7% en 2007 et à 8,7% en 2008, en raison de l'implantation de politiques fiscales et monétaires plus restrictives, et du fléchissement des échanges avec ses partenaires commerciaux.

Le Japon poursuivra sa reprise amorcée en 2002. L'économie nipponne devrait croître de 1,9% cette année et de 2,1% l'an prochain, alors que la vigueur de la demande intérieure et de l'emploi contribuera à soutenir la croissance du PIB réel. Il s'agit d'un rythme supérieur à la croissance moyenne de 1,1% observée entre 1996 et 2005. Il s'agit également d'une croissance appréciable compte tenu du déclin démographique auquel fait face ce pays.

Poursuite de l'expansion en Europe

En 2006, la croissance économique de l'Union européenne a atteint 2,9%. Cette croissance a été alimentée par les investissements des entreprises, la consommation des ménages et les exportations qui ont bénéficié de la vigueur de l'économie mondiale. L'activité économique européenne devrait ralentir légèrement à 2,3% en 2007 et en 2008, entraînée notamment par le ralentissement économique de ses principaux partenaires commerciaux.

En outre, après avoir connu une hausse de 2,7% de son PIB réel en 2006, l'économie allemande décélérera à 1,8% en 2007, un ralentissement provoqué par l'impact combiné de la majoration de trois points de pourcentage de la taxe sur la valeur ajoutée, qui atteindra 19% cette année, et de la poursuite de l'assainissement des finances publiques.

Enjeux importants associés à des échanges commerciaux croissants

La forte croissance économique mondiale observée au cours des dernières années est en partie tributaire du développement des échanges commerciaux à l'échelle internationale. En particulier, après s'être accrus en moyenne de 6,5% chaque année au cours des décennies 1980 et 1990, les échanges internationaux de produits manufacturés ont augmenté de 9% annuellement depuis l'année 2000. La valeur de ces échanges s'élevait à 7 300 milliards de dollars américains en 2005.

Au cours des dernières années, la mondialisation du commerce a permis l'émergence de nouvelles puissances économiques comme la Chine, l'Inde et le Brésil. Elle a aussi entraîné une concurrence accrue pour les parts de marché et un déséquilibre croissant des échanges internationaux. Ainsi, au cours de la période 2000-2005, la croissance annuelle moyenne des exportations de marchandises a été de 3% aux États-Unis et de 5% au Canada, alors qu'elle a atteint 25% en Chine.

L'essor remarquable des exportations chinoises résulte non seulement d'une augmentation de la quantité de produits exportés, mais aussi d'une diversification des produits offerts. Par exemple, plus de 60% de la hausse totale des exportations chinoises aux États-Unis entre 1992 et 2005 est due à la vente de produits que la Chine n'exportait pas aux États-Unis en 1992.

La forte croissance des échanges commerciaux a entraîné des déséquilibres importants comme en témoigne le déficit de la balance courante américaine qui a dépassé les 850 milliards de dollars américains en 2006, alors que le Japon et la Chine enregistraient respectivement des surplus de 160 et de 180 milliards, principalement avec les États-Unis. Cette situation pourrait toutefois se corriger graduellement avec la dépréciation du dollar américain. En effet, depuis le début de 2002, le dollar américain s'est déprécié de 25% par rapport aux devises de ses principaux partenaires commerciaux. On a d'ailleurs observé en 2006 le premier recul annuel du déficit commercial américain en termes réels depuis 1995.

En outre, les faibles coûts salariaux de ces nouvelles économies entraînent la délocalisation d'entreprises et des pertes d'emplois manufacturiers dans plusieurs pays occidentaux. Toutefois, la croissance rapide des économies émergentes, avec leur vaste marché en plein essor, présente des occasions d'affaires pour le Canada et l'ensemble des pays développés.

1.2 Aux États-Unis, un ralentissement passager en 2007

L'économie américaine a connu une solide expansion depuis trois ans. Toutefois, sa croissance a grandement ralenti en milieu d'année 2006, freinée par l'effet négatif de la plus forte correction du secteur immobilier résidentiel en 15 ans, par la hausse marquée du prix du pétrole et par la politique monétaire restrictive poursuivie par la Réserve fédérale depuis 2004. Le PIB réel a tout de même crû de 3,4% en 2006 grâce à une progression robuste en début d'année.

Le ralentissement de l'économie devrait se poursuivre en 2007 en raison des difficultés du secteur manufacturier et de la correction du marché résidentiel.

Difficultés de certaines industries manufacturières

Les industries manufacturières associées à la production de véhicules et de pièces automobiles ainsi que celles reliées à la construction résidentielle éprouvent présentement des difficultés. La restructuration en cours des trois géants de l'industrie automobile américaine, qui n'ont cessé de perdre des parts de marché face à leurs concurrents asiatiques ces dernières années, et l'impact prolongé de la correction immobilière, laissent présager que le ralentissement en cours dans ces industries se poursuivra en 2007.

En contrepartie, des secteurs tels que l'aéronautique ou encore les produits informatiques, à la suite de l'introduction d'une nouvelle génération de logiciels, devraient soutenir la production manufacturière. Malgré ces industries plus performantes, la croissance de la production manufacturière totale devrait ralentir, passant de 4,9% en 2006 à 2,2% en 2007, puis se redresser légèrement à 3% en 2008.

Recul important des investissements résidentiels

La correction du marché résidentiel, outre ses effets directs sur les investissements résidentiels, aura également des effets indirects à court et à moyen terme sur la consommation. Malgré la baisse récente du prix des propriétés, celles-ci demeurent encore trop dispendieuses par rapport aux revenus des ménages. De plus, les stocks de maisons à vendre restent trop élevés. Le secteur immobilier devrait donc poursuivre son ajustement en 2007, avec un recul de 12,9% des investissements résidentiels en termes réels, ce qui se traduira par des pertes d'emplois dans le secteur de la construction et dans les industries qui y sont rattachées.

Le ralentissement immobilier se répercutera sur la croissance des dépenses des ménages. En effet, avec la fin du fort renchérissement des propriétés et la diminution récente de la valeur de celles-ci, les ménages verront leur richesse diminuer et les possibilités d'emprunts sur leurs avoirs fonciers s'amoindrir.

Notons que les très fortes activités de refinancement hypothécaire des années précédentes, qui avaient contribué à soutenir la croissance de la consommation, se sont elles aussi atténuées l'an dernier.

Ce contexte incitera les ménages à épargner davantage. La croissance réelle de la consommation, qui avait atteint 3,2% en 2006, devrait ainsi ralentir à 2,7% en 2007 et à 2,8% en 2008. Il s'agit de taux inférieurs à la hausse du revenu personnel réel, qui devrait s'élever à 3,4% en 2007 et à 3,5% en 2008.

Ainsi, les problèmes des secteurs manufacturier et immobilier auront un impact négatif sur la croissance économique en 2007. Toutefois, certains facteurs soutiendront la croissance du PIB réel, comme la poursuite de la progression des investissements des entreprises, l'essor du secteur des services et la correction graduelle du déficit commercial. En outre, la baisse du prix des maisons et la diminution du nombre de propriétés à vendre entraîneront une reprise de la construction résidentielle en 2008.

Progression des investissements et de la production de services

Après s'être accrus de plus de 7% l'an dernier, les investissements non résidentiels devraient croître de 4% annuellement en moyenne au cours des deux prochaines années. Cette progression des investissements sera soutenue par:

  • un taux élevé d'utilisation des capacités de production des entreprises dans plusieurs industries, notamment dans le secteur des biens durables;
  • une grande rentabilité des entreprises, qui ont enregistré une hausse annuelle moyenne de près de 17% de leurs profits ces trois dernières années.

Par ailleurs, le secteur des services, qui représente 80% de l'économie, poursuivra son expansion, soutenue notamment par l'essor des secteurs de l'information, des soins médicaux, des services professionnels et des services aux entreprises.

Recul du déficit commercial américain

De plus, la bonne performance de l'économie mondiale, combinée au recul du dollar américain face aux principales devises depuis 2002, favorisera la diminution du déficit commercial. C'est ainsi que, en 2007, pour une deuxième année consécutive, le secteur extérieur américain contribuera positivement à la croissance économique, un fait inédit depuis 1991. Cette tendance devrait se poursuivre en 2008, le déficit commercial passant de 618 milliards de dollars américains en 2006 à 507 milliards en 2008.

Réduction additionnelle du déficit budgétaire américain

L'état des finances publiques du gouvernement fédéral américain a continué à s'améliorer l'an dernier grâce à la forte croissance des profits des entreprises et à la hausse soutenue des salaires. Les recettes fiscales ont en effet crû de 12% en 2006. Ainsi, malgré la croissance robuste des dépenses gouvernementales l'an dernier, le déficit budgétaire a diminué à 248 milliards de dollars américains en 2006, alors qu'il s'élevait à 318 milliards en 2005. Le déficit budgétaire devrait continuer à diminuer pour s'établir à 239 milliards en 2008.

La diminution graduelle de l'inflation favorisera un assouplissement de la politique monétaire

Depuis juin 2004, la Réserve fédérale a majoré le taux des fonds fédéraux de 425 points de base, le portant à 5,25%. La banque centrale cherchait à ralentir la croissance économique jugée excessive, soutenue par un essor rapide de l'immobilier, et à réduire les pressions inflationnistes associées aux hausses des prix énergétiques, des salaires et du prix des logements.

Face à l'atténuation anticipée des pressions inflationnistes, alors que l'inflation, excluant les aliments et l'énergie, devrait passer de 2,5% en 2006 à 1,8% en 2008, la Réserve fédérale devrait réduire son taux directeur à 4,75% au cours de 2007.

Redressement de la croissance économique en 2008

Somme toute, la croissance du PIB réel américain devrait s'établir à 2,4% en 2007 et à 2,8% en 2008, alors que la fin de la correction immobilière favorisera une progression plus robuste de l'activité économique.

1.3 Au Canada, une reprise est attendue en 2008

En dépit d'une activité économique plus vigoureuse aux États-Unis, la croissance économique canadienne s'est modérée à 2,7% l'an dernier après avoir atteint 2,9% en 2005. En 2006, la croissance du PIB réel canadien a été affectée par une demande étrangère moins forte, résultant du niveau élevé du dollar canadien et d'une concurrence internationale accrue. Entre 2002 et 2006, le dollar canadien s'est apprécié de près de 40% face au dollar américain, passant de 63,7 à 88,2 cents américains.

La hausse du dollar est en grande partie le résultat du renchérissement des matières premières dont le pétrole, le cours du baril de pétrole ayant plus que doublé depuis 2002, pour atteindre 66 dollars américains en 2006. Avec le ralentissement attendu du PIB réel mondial, le prix du baril de pétrole devrait fléchir autour des 60 dollars, ce qui contribuera à réduire les pressions inflationnistes, à augmenter le pouvoir d'achat des consommateurs et à freiner la hausse du dollar canadien. Ainsi, le dollar canadien devrait se maintenir près de son niveau actuel d'ici 2008, à environ 86 cents américains.

La brusque remontée du dollar a contribué à la forte détérioration du solde de la balance commerciale canadienne. Ainsi, les exportations nettes en termes réels sont passées d'un surplus d'environ 59 milliards de dollars en 2002 à un déficit de 19 milliards en 2006, lequel devrait se maintenir d'ici 2008.

L'appréciation du dollar canadien a favorisé l'achat de biens importés tant par les entreprises que par les ménages, au détriment des produits fabriqués au Canada, comme l'achat de machines et de produits électroniques.

Des disparités régionales importantes

Par ailleurs, le contexte international difficile a entraîné une réduction de la production manufacturière au Canada, principalement en Ontario et au Québec, dont les livraisons comptent pour environ 74% du total canadien. Cette baisse s'est reflétée par une perte totale de 175 000 emplois dans le secteur manufacturier en 2005 et en 2006 au Canada. Par ailleurs, depuis 2003, la production de l'industrie manufacturière a plafonné, enregistrant une croissance annuelle moyenne de 0,2%.

Cependant, contrairement au reste du Canada, l'Ouest canadien bénéficie de la hausse des prix du pétrole. L'exploitation des sables bitumineux, maintenant plus rentable, amène des investissements très importants. Cette dynamique entraîne, dans cette région, une forte création d'emplois, une immigration importante et une croissance élevée de la demande intérieure, notamment dans le secteur immobilier.

Taux d'intérêt de court terme stables mais hausse des taux de long terme

Après avoir augmenté ses taux de 175 points de base entre septembre 2005 et mai 2006, la Banque du Canada a maintenu sa politique monétaire inchangée, le taux cible de financement à un jour se situant actuellement à 4,25%.

Les pressions inflationnistes devraient rester modérées et le taux d'inflation devrait demeurer autour de 2% d'ici la fin de 2008, soit près du taux cible de la banque centrale. Toutefois, afin de contrer l'effet négatif du ralentissement de la demande étrangère, la Banque du Canada devrait diminuer son taux directeur de 25 points de base en 2007.

Après quelques années de recul, les taux d'intérêt de long terme ont atteint 4,1% en 2005 et ont amorcé depuis une tendance haussière qui devrait se poursuivre au cours des deux prochaines années. Ainsi, le taux de rendement sur les obligations du Canada à échéance 10 ans s'est élevé à 4,2% en 2006. Il atteindra 4,5% en 2007 et 4,9% en 2008. Cette évolution est similaire à celle des taux de long terme aux États-Unis.

Dans l'ensemble, bonne progression de l'économie canadienne

Globalement, l'économie canadienne se porte relativement bien depuis quatre ans. Cela se traduit par une bonne progression des secteurs de la construction et de la production de services. Ceux-ci, reliés principalement à la demande intérieure, comptent pour environ 70% des secteurs productifs de l'économie canadienne.

Cependant, malgré la forte demande pour les secteurs de l'extraction des mines, du pétrole et du gaz, la production dans ces secteurs a faiblement progressé, les investissements importants en cours n'ayant pas encore eu un effet sur l'accroissement des capacités de production.

En outre, la croissance des investissements non résidentiels demeure robuste, notamment dans l'Ouest. La progression soutenue des dépenses personnelles est favorisée par la création d'emplois. Aussi, les gouvernements contribuent à ce dynamisme grâce aux baisses d'impôt qu'ils octroient et à la croissance de leurs dépenses.

Une reprise de la croissance économique en 2008

En somme, une croissance économique de 2,5% est attendue au Canada en 2007 alors que le ralentissement temporaire de la demande américaine restreindra la croissance des exportations canadiennes. La croissance du PIB réel s'accélérera à 2,8% en 2008 avec une demande américaine plus vigoureuse.


« Modifié: juin 11, 2007, 03:05:16 pm par editeur »

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