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Auteur Sujet: Placements à haut risque: Le milieu rimouskois secoué  (Lu 1964 fois)

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Placements à haut risque: Le milieu rimouskois secoué
« le: octobre 22, 2008, 02:10:13 am »
Placements à haut risque

Le milieu rimouskois secoué

Des Rimouskois risquent de perdre des sommes importantes dans une entreprise ontarienne, Onco Petroleum, spécialisée dans la récupération et l'exploitation d'anciens gisements gaziers et pétroliers de la région des Grands Lacs.

L'entreprise compte sur la hausse du prix des carburants pour rentabiliser une éventuelle exploitation de ces puits. Onco Petroleum a été fondé par l'homme d'affaires Robert Vanier, qui est venu souvent à Rimouski au cours des cinq dernières années. M. Vanier a vendu plusieurs de ses actions personnelles à des Rimouskois. Toutes ces transactions sont tout à fait légales.

Robert Vanier promettait toutefois un rendement exceptionnel. Les actions d'Onco Petroleum vaudraient 20 $ lorsque le titre serait inscrit en Bourse, soutenait-il.

Cette promesse d'un gain rapide ne se matérialisera pas. Il faudra plus de quatre ans avant que le titre soit inscrit en Bourse. Quelques mois après, l'action était en chute libre. Le titre qui s'est effondré en l'espace de quelques mois ne se négocie plus à la Bourse ontarienne depuis le mois de juillet.

De la petite à la grande séduction

L'intérêt des hommes d'affaires rimouskois pour Onco Petroleum commence en 2003. Ex-vendeur de voitures, marié à une riche héritière ontarienne, Robert Vanier, fait une première apparition à Rimouski en avril de cette année-là au volant d'une rutilante Bentley avec chauffeur. L'homme transpire la réussite.

Professeur d'économie à l'Université du Québec à Rimouski, Richard-Marc Lacasse sera séduit par l'homme et deviendra partenaire de Vanier dans Onco Petroleum.

C'est lui qui a facilité les premiers contacts de Vanier avec les investisseurs de la région. « Évidemment, M. Vanier disait que ça valait des milliards, mais il les vendait 50 ¢, donc les gens trouvaient que c'était un rabais! C'est un type qui raconte beaucoup d'histoires. Des fois, ça fait capitaine Bonhomme! », raconte M. Lacasse.

  • « M.Vanier et sa femme avaient autour de 150 millions d'actions. Ils ont dû en vendre à peu près 50 millions entre 10 ¢ et 2 $ », affirme Richard-Marc Lacasse.

Les investisseurs ont bu ces paroles, relate M. Lacasse: « Il rencontre des gens dans un restaurant et après ça, graduellement il s'infiltre dans la communauté de Rimouski dans du bénévolat, des tournois de golf et des fondations. Il se fait connaître, et puis graduellement les gens lui font confiance! »

L'homme recrutera des centaines d'investisseurs dans la région de Rimouski. Certains achètent pour plus de 100 000 $ d'actions. Quatre courtiers de la ville s'intéressent à l'affaire. Rimouski devient rapidement un véritable centre de recrutement pour Onco Petroleum.

Explorations et déceptions

Avec les millions prêtés à Onco Petroleum, Robert Vanier entreprendra des forages pour prouver la valeur du gisement gazier et pétrolifère Tilbury dans la région des Grands Lacs. Sur la dizaine de forages effectués, neuf n'auraient pas été concluants.

La caisse est vide, Robert Vanier se tourne vers des investisseurs américains, dont l'ancienne vedette de la Ligue nationale de hockey Luc Robitaille. C'est alors que 20 nouveaux millions sont injectés dans l'entreprise, ce qui permet à la compagnie de s'inscrire enfin à la Bourse de Toronto en novembre 2007.

Le titre ouvre à 5 $, mais contrairement aux convertis de Rimouski, le marché ne croit plus en Robert Vanier, qui contrôle 70 % des actions, croit Richard-Marc Lacasse. « Il était incompétent au niveau de la gestion courante et puis au niveau du pétrole et du gaz! », commente l'ex-administrateur.

Quelques mois plus tard, l'action d'Onco Petroleum a chuté à 15 ¢. En juillet dernier, la Commission des valeurs mobilières de l'Ontario impose un arrêt complet des transactions en raison d'irrégularités. Les actionnaires sont piégés.

Le gouffre dans lequel s'est enfoncé Onco Petroleum semble aussi profond qu'un puits de forage. Tous les administrateurs démissionnent y compris Vanier lui-même. La caisse est vide.

Intervention de l'AMF

Au terme d'une vaste enquête, l'Autorité des marchés financiers (AMF) du Québec reprochait, vendredi dernier, à quatre courtiers du bureau rimouskois de courtage BMO Nesbitt Burns d'avoir contrevenu à plusieurs articles de la loi sur les valeurs mobilières dans le dossier de la vente d'actions de la compagnie Onco Petroleum.

L'AMF demande au Bureau de décision et de révision en valeurs mobilières d'imposer des amendes totalisant près de 200 000 $ à Bernard Dionne, Jean-Marc Leblond, Michel Beaulieu et Mathieu Truchon.

Ce que l'enquête de l'AMF suggère, et que laissent croire plusieurs témoignages d'investisseurs de la région, c'est que ces courtiers en valeurs mobilières ont été impliqués dans la vente des actions d'une compagnie privée non inscrite en Bourse. C'était le cas d'Onco avant novembre 2007.

Le porte-parole de l'AMF, Sylvain Théberge, précise qu'il ne s'agit pas de fraude: « Il n'y a aucune allégation de ce type dans la démarche de l'Autorité. C'est plus des reproches, si vous voulez, de façon administrative! »

Un des courtiers mis en cause dans cette affaire, Bernard Dionne, a reconnu, avant que la conclusion de l'enquête de l'AMF soit connue, que des chèques avaient transité par la maison de courtage. C'était, soutient M. Dionne, pour rendre service aux clients de la maison et du même coup pour pouvoir les sensibiliser au caractère risqué d'un tel investissement.

M. Vanier confirme d'ailleurs que Nesbitt Burns accumulait les chèques en provenance de ces regroupements d'investisseurs, mais de manière informelle: « Ils n'ont pas été intermédiaires parce qu'ils n'ont pas été embauchés par nous. C'est-à-dire qu'on n'a pas d'entente avec Nesbitt Burns. On n'en a jamais eu! »

Malgré cette absence de lien contractuel, l'Autorité des marchés financiers reproche aux courtiers d'avoir effectué le placement des actions d'Onco Petroleum sans avoir l'information pertinente sur l'action elle-même ou sur son émetteur et sans qu'un prospectus ait été soumis.

Plusieurs investisseurs rimouskois ne seront pas informés que le promoteur a déjà été remis à l'ordre pour avoir exploité sans permis une société de prêts ni que le journal London Free Press affirme que le propriétaire d'Onco Petroleum accumule les poursuites.

Une possible relance

Malgré cette série de déboires, Richard-Marc Lacasse rappelle que les gisements sont toujours là. Il estime qu'il est possible de relancer l'entreprise. Dans les bureaux de London, un nouveau conseil d'administration y croit aussi.

Le jeu en vaut la chandelle selon le nouveau PDG, Peter Bilodeau, de Windsor, qui vient de remettre 100 000 $ dans la caisse. « On a un bon, très bon projet! », affirme-t-il. Le gouffre financier peut toujours se transformer en Klondike, dit Peter Bilodeau, mais il faut que les actionnaires s'accrochent à leur investissement.

Le risque de voir Onco Petroleum plonger pour de bon en emportant la mise des Rimouskois plane toujours.

Richard-Marc Lacasse conseille d'ailleurs aux investisseurs rimouskois de s'allier avec ceux d'Abitibi et de la Beauce pour former un comité de vigilance. Il fait valoir qu'il y a déjà eu assez de chèques en blanc dans cette histoire.


Source: Site web de Radio-Canada

gouvernement.qc.ca

Placements à haut risque: Le milieu rimouskois secoué
« le: octobre 22, 2008, 02:10:13 am »

 

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