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Auteur Sujet: Caisse de dépôt et placement: Des signaux d'alarme ignorés  (Lu 1241 fois)

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Caisse de dépôt et placement

Des signaux d'alarme ignorés

Les gestionnaires de la Caisse de dépôt et placement (CDP) du Québec ont continué d'acheter des papiers commerciaux adossés à des actifs (PCAA) malgré les signaux d'alarme que le marché pourrait s'effondrer.

C'est ce qu'a affirmé mardi le vice-président principal responsable des affaires juridiques à la Caisse, Claude Bergeron, devant la commission parlementaire spéciale sur les pertes historiques de la CDP en 2008, qui reprenait ses travaux dans la Vieille Capitale.

Dès juillet 2007, les gestionnaires de la CDP savaient que la confiance des investisseurs baissait à l'égard des PCAA. Or, selon M. Bergeron, la CDP, rassurée par ses courtiers, a continué d'acheter des titres jusqu'au 10 août 2007.

  • « Les gestionnaires ont suivi leur marché et n'ont pas perçu ce risque de liquidités qui viendrait de l'accumulation de tels produits et de la défaillance qui pourrait s'ensuivre dans l'éventualité d'un événement grave. Cette probabilité d'un événement grave, ils ne l'ont pas sentie, ils n'y ont pas cru. Ce n'est pas un risque contre lequel ils ont cru bon de se prémunir », a déclaré M. Bergeron.

Non seulement la CDP a continué d'acheter du papier commercial, mais a acheté le papier commercial le plus risqué. La CDP a acheté des titres non bancaires, beaucoup moins sûrs que les titres bancaires. Les titres bancaires sont en effet supportés par les institutions financières en cas d'effondrement du marché.

« Aujourd'hui, c'est plus facile, pour nous, de conclure que la Caisse n'aurait pas dû acheter du papier commercial non bancaire. Mais à cette époque, il faut se rappeler qu'il y avait de l'incertitude dans les marchés, il n'y avait pas une connaissance totale et une transparence totale des produits sous-jacents », a poursuivi M Bergeron.

Les ex-PDG à la défense de la Caisse

L'ancien PDG de la Caisse, Richard Guay, qui a occupé le poste de mai 2008 à novembre 2008, a défendu la gestion de la Caisse lors de son témoignage en fin d'après-midi.

M. Guay a d'entrée de jeu soutenu que, de 2002 à 2008, le niveau de risque de la CDP a toujours été inférieur à celui d'autres caisses de retraite équivalentes. « Malgré le rendement catastrophique de 2008, le risque de la Caisse sur les cinq dernières années était inférieur à celui de ses pairs », a-t-il déclaré.

L'ex-PDG a cependant admis que, selon lui, l'erreur a été d'avoir eu une confiance aveugle en la cote AAA des PCAA donnée par le courtier DBRS.

  • Sans le PCAA, le porte-feuille de la Caisse aurait eu [...] un rendement supérieur à celui des pairs [...] Ce qui a fait mal à la Caisse, c'est le PCAA.

    — Richard Guay

M. Guay soutient qu'on aurait dû faire passer un test de résistance (stress test, en anglais) concernant les investissements de la Caisse dans les PCAA afin de savoir ce qui adviendrait si le marché s'effondre.

  • « Si on avait fait un stress test [...] on aurait tout de suite vu que la liquidité disparaît dans notre porte-feuille. On n'est plus capable de retrouver nos liquidités alors qu'on appelle ça un porte-feuille de liquidités, ça aurait été inacceptable », a soutenu l'ex-PDG.

M. Guay a aussi précisé les raisons pour lesquelles il a quitté son poste quelques mois seulement après son arrivée à la barre de la CDP.

L'ex-PDG a indiqué qu'il a abandonné ses fonctions car il craignait de commettre des erreurs à cause de la fatigue. « J'hésitais entre mon devoir envers l'organisation, épauler le comité de direction et mes collègues pour trouver une solution à la crise financière qui frappait le portefeuille de la Caisse et mes préoccupations de commettre des erreurs en raison de la fatigue », a-t-il affirmé.

Nommé à la tête de l'institution financière le 5 septembre 2008, Richard Guay a été mis au repos pour un mois par son médecin quelques semaines plus tard, le 12 novembre. Il a remis sa démission le 5 janvier.

Premier à comparaître mardi, l'ancien PDG par intérim de l'institution Fernand Perreault a lui aussi défendu les pratiques de la Caisse en matière de gestion du risque.

Selon lui, le changement apporté à la Loi sur la Caisse de dépôt et placement du Québec, à la fin 2004, mettant l'accent sur un rendement optimal, n'a pas eu d'influence sur les pratiques à la CDP.

  • La Caisse, sa direction, ses gestionnaires n'ont pas été pris au cours des dernières années d'une soudaine frénésie de rendement à tout prix.

    — Fernand Perreault

Fernand Perreault a indiqué que, sur le plan de la diversification, de la gestion du risque et de la rémunération variable, les pratiques de la Caisse n'étaient « ni nouvelles, ni exceptionnelles, ni inédites, ni démesurément risquées » dans le contexte qui prévalait à l'automne 2008.

M. Perreault a soutenu que la CDP avait été victime de la pire crise financière des 50 dernières années, qui a entraîné un effondrement des marchés. Il a maintenu la version des faits qu'il a donnée en février dernier, selon laquelle l'accumulation d'autant de PCAA avait été une erreur.

La Caisse de dépôt et placement a dévoilé en février dernier une perte de près de 40 milliards de dollars, soit 10,5 milliards de plus que les indices de référence du marché, les pires résultats de son histoire.

L'ancien numéro un Henri-Paul Rousseau, qui a démissionné de son poste le 30 mai 2008, sera entendu pour sa part à compter du 19 mai prochain.


Source: Site web de Radio-Canada

gouvernement.qc.ca


 

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