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« le: Janvier 21, 2010, 12:08:19 »

Gens d’affaires et syndicats veulent du sérieux

Malgré l’absence d’un véritable débat sur les finances publiques du Québec, la rencontre économique 2010 du premier ministre Jean Charest à Lévis constitue un exercice pertinent aux yeux du monde des affaires et des syndicats, qui exigent toutefois un mécanisme de suivi pour lui donner un peu de sérieux.

La présidente de la CSN, Claudette Carbonneau, pense que le Québec a besoin d’audace et que la priorité est de s’attaquer à la formation professionnelle et au décrochage. « Mais le sérieux de l’événement réside dans une mécanique de suivi, sans quoi c’est parle parle, jase jase », a-t-elle dit à l’ouverture de l’événement, hier soir.

Le président de la FTQ, Michel Arsenault, trouve la formule intéressante, mais est sceptique face aux attentes du premier ministre qui veut donner une vision du Québec à long terme. « Je ne suis pas sûr qu’on va trouver dans un forum de quelques heures les solutions du Québec jusqu’en 2020, c’est un peu utopique, mais c’est toujours bon de dialoguer », a-t-il lancé.

Banques

Pour le milieu des affaires, l’écoute que propose le premier ministre à cette rencontre est accueillie favorablement, mais la plupart souhaitent un consensus sur l’action à définir par la suite pour l’économie du Québec, comme le soulève Jacques Ménard, président de BMO.

Monique Leroux, présidente du Mouvement Desjardins, rajoute que, « dans l’esprit de ce que nous faisons sur le plan coopératif, c’est d’abord de s’asseoir autour d’une table pour commencer la discussion et de travailler ensemble après pour les solutions » .

Entreprises

La Fédération canadienne de l’entreprise indépendante se pointe avec la ferme intention de réclamer la baisse des taxes sur la masse salariale des PME, mais surtout d’éliminer le fardeau réglementaire des entreprises qui paralyse le développement économique du Québec, mentionne son porte-parole, Richard Fahey.

Mais le président de Power Corporation, Paul Desmarais Jr, veut plutôt mettre l’accent sur l’éducation au Québec qui pourrait créer de la richesse. « Si on compare le Québec aux autres provinces et aux États-Unis, on est bien en deçà de la fréquentation au premier et au deuxième cycle universitaire » , a exprimé l’homme d’affaires.

Le recteur de l’Université Laval, Denis Brière, partage évidemment cet avis. « On doit enligner la priorité numéro un sur l’éducation d’abord pour enrichir la société. Il faut que ce soit net et clair » , a-t-il signalé.

Maires

La mairesse de Lévis, Danielle Roy-Marinelli, s’est réjouie « de la belle visite » qu’elle recevait au Centre des congrès, mais elle n’est pas conviée aux échanges économiques qui auront lieu avec le premier ministre, aujourd’hui.

Le maire de Québec, Régis Labeaume, y participera avec l’intention de ne pas jouer un rôle d’acteur. Son homologue de Montréal, Gérald Tremblay, est aussi présent.


Source: Site web du Journal de Québec
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« Répondre #1 le: Janvier 21, 2010, 12:12:17 »

Jean Charest lance un appel à la solidarité

Jean Charest a lancé un appel à la solidarité en ouvrant la Rencontre économique 2010 à Lévis, hier soir.

« Décisions difficiles »

Tantôt solennel, tantôt léger, le premier ministre a confronté son auditoire à la réalité québécoise de 2010 : une société vieillissante, riche mais endettée, dont les défis s’ouvrent simultanément sur les fronts de la démographie, de l’assainissement des finances publiques et de la croissance économique. Si le Québec a traversé la « tempête parfaite », il l’a fait à coups de milliards.

« Aujourd’hui, je refais appel à vous pour engager fermement le Québec dans la reprise », a-t-il lancé devant un parterre de deux cents décideurs provenant de divers horizons.

« Car créer de la richesse, c’est se donner les moyens de soutenir nos services de santé, notre réseau d’éducation et d’aider les familles », a-t-il insisté, en reconnaissant que de faire un consensus sur des enjeux aussi importants tombaient sous le sens.

Leaders syndicaux, banquiers, hommes d’affaires, fonctionnaires, etc. formaient ce que l’ordre du jour identifie comme le « Groupe des décideurs financiers » . Rassemblés dans une salle plutôt petite, ils ont écouté religieusement. Car en mars, le budget du ministre des Finances, Raymond Bachand, risque d’en désenchanter plusieurs. Les subventions seront probablement dégonflées tandis que l’administration publique devra se contenter d’une hausse globale des dépenses de 3,2 %. La santé et l’éducation rafleront la part du lion.

« Nous aurons des décisions difficiles à prendre pour assurer la reprise de l’économie », a averti M. Charest.

Si le Québec a tiré son épingle du jeu durant la crise économique, il a dû faire des dépenses publiques représentant 5 % du PIB, soit l’équivalent, toutes proportions gardées, de ce qu’a fait l’administration Obama aux États-Unis.

Mais ce rythme de dépenses ne pourra pas être maintenu. Le vieillissement de la population est un handicap majeur. Il y aura bientôt plus de gens qui prendront leur retraite que de jeunes qui accéderont au marché du travail. Moins d’impôts à collecter pour l’État. M. Charest tient à ce que les femmes soient de plus en plus nombreuses à travailler et espère que le nouvel espace économique euro-québécois sera un jour profitable sur le plan démographique.

Réduire la dette

Par ailleurs, il a averti que la dette devrait être réduite. La dette globale du secteur public québécois atteint 225 milliards et est formée pour moitié de déficits passés, soit une « mauvaise dette », alors que l’autre moitié, associée aux dépenses d’infrastructures, est une bonne dette. La dette assujettie aux dépenses de programmes devra donc être éliminée.

« Nous devons contrôler la bonne dette et éliminer la mauvaise dette », a lancé le premier ministre, irritant sans doute ainsi les oreilles des dirigeants syndicaux.

Le Québec doit prendre maintenant des décisions importantes, non pas en tenant compte de « l’échéance du prochain budget », a-t-il ajouté.

M. Charest a admis d’emblée que le menu était chargé et que la rencontre était plutôt courte. « La formule est très simple. C’est plutôt intime », a-t-il dit.

Selon la présidente de la CSN, Claudette Carbonneau, cette rencontre a le mérite de ne pas nous forcer à garder « le nez sur la vitre des finances publiques ».

« Mais ça ne voudra rien dire s’il n’y a pas un comité de suivi pour donner suite aux consensus qui s’en dégageront », a-telle prévenu. Scepticisme Plusieurs sont d’un optimisme sceptique. « On sortira pas d’ici avec le secret de la Caramilk » , a résumé Françoise Bertrand, présidente de la Fédération des Chambres de commerce du Québec.

D’autres comme Réjean Parent, patron de la Centrale des syndicats du Québec, ne nourrit guère d’espoirs. Inconfortable, estimant que les gens d’affaires sont trop lourdement représentés, M. Parent considérait que la soirée n’était qu’un « moment de distraction ».

Dehors, des groupes populaires, une centaine de personnes, protestaient, hurlaient en brandissant des affiches : « La facture, c’est pas à nous à la payer. Aux riches de payer leur part. »


Source: Site web du Journal de Québec
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« Répondre #2 le: Janvier 21, 2010, 12:22:45 »

Rencontre économique 2010, à Lévis

Et si nous nous posions d’autres questions pour l’avenir du Québec?

Aujourd’hui se tiendront des discussions sur l’avenir du Québec dans le cadre de la « Rencontre économique 2010 » sous la présidence du premier ministre du Québec, où doit être abordé le sujet des meilleures conditions pour que le Québec puisse profiter pleinement de la reprise économique.

Nul ne doute que l’heure est venue où la société québécoise doit faire des choix déterminants pour les générations futures.

Il nous semble toutefois que pour prendre des décisions éclairées à cet égard, il nous faille aborder une problématique d’importance qui ne manquera pas d’intéresser l’une des parties au débat, soit les organisations syndicales.

Sans vouloir remettre en cause ni leur existence ni même encore l’apport plus que positif de ces organisations au cours du XXe siècle, nous nous devons de poser la véritable question du déséquilibre des forces que toutes les législations des dernières décennies ont créé entre employeurs et syndicats, lequel a eu et a plus que jamais comme conséquence de défavoriser les entreprises québécoises dans le contexte économique mondialisé dorénavant largement répandu, de rendre plus difficile l’émergence de jeunes entrepreneurs, ainsi que de pénaliser notre désir collectif, voire notre obligation d’accroître notre productivité afin d’être en mesure de faire face aux nombreux défis auxquels nous ont sensibilisés les commentateurs économiques et sociaux.

Au XXIe siècle, alors que la liberté est tout autant une valeur qu’une vertu cardinales, n’est-il pas légitime de nous permettre, comme citoyens bénéficiant d’une maturité politique et démocratique, de décider si nous voulons ou non faire partie d’une organisation syndicale et d’en payer les cotisations? Ne devrions-nous pas nous inspirer de pays comme la France à cet égard où la liberté d’adhésion syndicale est consacrée? Ne devrions-nous pas aussi nous interroger sur ce privilège qui permet aux employés en conflit de travail de ne pas payer d’impôt sur les prestations monétaires qu’ils reçoivent de leurs syndicats, mesure exceptionnelle parce qu’elle fait financer les positions des organisations syndicales par l’ensemble des contribuables déjà assujettis à un fardeau fiscal que tous reconnaissent parmi les plus lourds du continent?

Que dire aussi de la création d’une unité d’accréditation par la simple signature de cartes d’adhésion, système que l’administration Obama et les démocrates aux États-Unis sont en train d’abandonner malgré un soutien financier considérable des syndicats américains?

Il se trouvera certainement plusieurs membres de l’intelligentsia pour justifier l’action positive des syndicats au Québec. Je le répète, nous reconnaissons le rôle nécessaire d’organisations structurées de militants ouvriers qui ont permis aux Québécois de se libérer de l’assujettissement à un capitalisme sauvage et de bénéficier de conditions de travail décentes. Mais n’est-il pas temps de se demander si les remèdes d’hier sont ceux qu’il nous faut pour les maux d’aujourd’hui et de demain?

Tous ces beaux penseurs ont-ils déjà été confrontés à la réalité de dirigeants d’entreprises et d’entrepreneurs comme celle à laquelle mes collègues et moi faisons face de façon quotidienne, tant au Canada qu’à l’étranger, dans un contexte de concurrence mondiale? Au Québec, les dirigeants d’entreprises doivent dédier trop de temps, d’énergie et d’argent à gérer leurs « relations de travail » alors qu’ailleurs, les divers intervenants au sein des entreprises participent ensemble à assurer la poursuite du développement de leurs activités et l’accroissement de leur productivité afin de gagner sur les marchés mondiaux, tant dans les secteurs manufacturiers que dans les secteurs de l’économie du savoir et des technologies.

Alors que les syndicats sont devenus au Québec une force économique aussi puissante qu’indéniable, tel qu’en fait foi notre taux de syndicalisation autour de 40 % qui s’avère le plus élevé en Amérique du Nord, pourquoi ces organisations devraient-elles bénéficier de privilèges aussi nombreux et de moins en moins justifiables dans un contexte où la transparence et l’imputabilité ont, à juste titre, envahi l’ensemble des sphères politiques et économiques?

Les défis mondiaux auxquels nous faisons face nous obligent à ne plus avoir de craintes à soulever les questions incontournables auxquelles il faudra répondre adéquatement pour assurer l’avenir du Québec.


Source: Site web du Journal de Québec
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« Répondre #3 le: Janvier 21, 2010, 12:31:43 »

La santé éclipsée

(Agence QMI) Des intervenants du secteur de la santé déplorent que le gouvernement Charest ait exclu la santé des thèmes qui seront abordés à la Rencontre économique 2010 qui s’est amorcée hier soir, à Lévis, en banlieue de Québec.

Les milieux syndicaux, de l’emploi, des affaires et de l’éducation vont échanger sur l’avenir économique du Québec en l’absence du secteur dans lequel le gouvernement consacre près de la moitié de son budget.

Exclue

La Fédération des médecins spécialistes abonde dans le même sens et ne comprend pas que la santé ait été éclipsée du débat.

L’organisme présidé par le docteur Gaétan Barette a demandé de participer à l’événement, mais le gouvernement a rejeté la requête.

« Les médecins spécialistes sont au premier rang pour identifier tant les problématiques que des solutions liées à la gestion du réseau public de santé québécois, notamment en ce qui a trait à l’amélioration de la productivité.

Or, qui dit productivité, dit nécessairement source d’économies », a indiqué M. Barette.

M. Barette a également déploré que le gouvernement s’associe à son regroupement uniquement lorsque le partenariat est bon pour son image.


Source: Site web du Journal de Québec
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« Répondre #4 le: Janvier 21, 2010, 12:35:32 »

Le gouvernement dit entendre la grogne…

Le gouvernement de Jean Charest n’est pas insensible à l’exaspération des Québécois qui réclament un vrai ménage dans les finances publiques.

« Je sens que ça prend des changements, je sens qu’il faut agir. Je lis, j’écoute, j’entends et je travaille. Méfiez-vous des eaux tranquilles », a prévenu la présidente du Conseil du Trésor, Monique Gagnon-Tremblay, à son arrivée à la réunion hebdomadaire du Conseil des ministres à Québec, hier matin.

Un sondage Léger Marketing fait pour le compte du Journal a mis une nouveauté de l’opinion publique en évidence : 57 % des gens accepteraient une réduction des services pour laquelle 42 % des sondés n’exigeraient pas une réduction du fardeau fiscal. En clair : on accepterait de payer autant en impôt, en taxes et en tarifs pour moins de services. Une grande majorité de contribuables, 76 %, croient qu’il faut réduire la taille de l’État et le nombre d’organismes publics ou parapublics. Le Québec a exactement 563 866 personnes sur sa liste de paie, sans compter les 25 000 personnes salariées du secteur communautaire.

Mais si la grogne populaire est bel et bien perceptible sur les lignes ouvertes, les blogues et dans le courrier des lecteurs, les vaches sacrées peuvent dormir tranquilles. Par exemple, les garderies resteront à 7 $/jour même si elles en coûtent plus de 40 $.

« C’est un engagement qu’on a pris », a répété hier le ministre de la Famille, Tony Tomassi.

Compressions

La présidente du Conseil du Trésor, Mme Gagnon-Tremblay, assure que des compressions ont été faites et que « la croissance des dépenses » a été limitée à 1,9 milliard cette année. Les dépenses augmenteront toutefois en 2010-2011 plus que l’inflation, comme c’est la tradition au gouvernement : la hausse autorisée est de 3,2 %.

« Dans la santé, ce sera impossible. Ce sera 5 à 6 %, comme partout ailleurs. On l’a dit au ministre des Finances avant les Fêtes », a révélé la présidente de l’Association des établissements de santé, Lise Denis. À tout hasard, le gouvernement emprunte sans relâche et sa dette propre atteindra bientôt 170 milliards de dollars. Au 13 janvier dernier, les Finances avait emprunté 10 8 milliards, soit 20 % de plus que les prévisions. Par prévoyance. « On profite des aubaines sur les marchés financiers », nous a-t-on expliqué, hier. De toute manière, le ministre Raymond Bachand estime que « l’important, c’est d’être heureux comme peuple ».

Mais le peuple risque de déchanter bientôt, a laissé entendre sa collègue du Trésor.


Source: Site web du Journal de Québec
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