février 26, 2021, 08:20:28 pm

MBNX Domain Names - Lowest Prices!

Auteur Sujet: Huntingdon: Maire hors la loi  (Lu 3594 fois)

0 Membres et 1 Invité sur ce sujet

Hors ligne editeur

  • Administrator
  • Hero Member
  • *****
  • Messages: 6053
  • Sexe: Homme
    • Voir le profil
    • Forum gouvernemental québécois
    • E-mail
Huntingdon: Maire hors la loi
« le: février 09, 2010, 02:07:29 am »
Maire hors la loi

(RC) Stéphane Gendron a dû bloquer une route et contrevenir aux lois pour entreprendre de sortir sa ville de l’ornière du déclin. La stratégie a marché.

« J’ai mis des blocs de béton sur la route 138, en 2006, pour avoir l’aide du gouvernement. Le ministre Serge Marcil (qui vient de mourir en Haïti) m’a appelé pour me dire : “ Qu’est-ce que t’as fait là?” J’ai dit : Si Béchard (Claude) ne m’appelle pas, les blocs vont rester là. Béchard m’a appelé pour me dire : on va t’aider. »

La Sûreté du Québec avait dépêché six voitures de patrouille pour tenter de dénouer l’impasse, poursuit M. Gendron. « Ils n’ont jamais osé lever le barrage parce que j’avais des citoyens avec moi. À un moment donné, la police s’est avancée. On s’est avancés ensemble et on a dit : “ Si vous voulez nous arrêter, ben vous allez nous arrêter toute la gang”. La police n’a jamais bougé. On a fait le blocus toute la fin de semaine. »

« Brasser la m... »

La raison de cette sortie intempestive : la lenteur du gouvernement à verser l’argent devant provenir du fonds FIER ( Fonds d’intervention économique régionale). « Il a fallu se battre pour que nos entreprises puissent en bénéficier. Les dossiers prenaient un an et demi avant d’aboutir. Ça n’a pas de bon sens.

« Il a fallu porter plainte à l’administration du Fonds FIER à Québec, convoquer les officiers ici, brasser la marde, menacer qu’on allait sortir publiquement pour que les investissements se fassent » , raconte M. Gendron.

Au lendemain des fer metures des usines de textiles, Huntingdon décidait d’acheter les six bâtiments transformés en coquilles vides. Stéphane Gendron dit avoir contrevenu aux lois. « On a fait plein d’illégalités. Une ville n’a pas le droit d’acheter des usines en vertu de la Loi sur les immeubles industriels municipaux ( sauf exception). J’en ai acheté. « J’ai mis le gouvernement devant un fait accompli. Ils n’ont pas eu le choix d’autoriser mon règlement d’emprunt ( 1,6 million). Après ça, j’ai dit : il me faut de l’argent pour rénover. Ils ont craché presque 900 000 dollars de subventions. »

Huntingdon s’est ensuite lancée dans une campagne de promotion intensive pour louer ses espaces industriels : six mois de loyer gratuits, un an de crédit de taxes. « Une ville n’a pas le droit de donner des crédits de taxes, j’en ai donné (...) On loue nos espaces à deux dollars le pied carré. Le marché privé demande 7 $ le pied carré. On coupe les prix » , reconnaît Stéphane Gendron.

« J’avais du monde qui venait à mon bureau pour me dire qu’ils n’avaient plus d’argent pour manger ou qu’ils étaient au bord du suicide. À un moment donné, il faut que tu brises la loi. Puis, le 13 juin 2008, une loi a été adoptée à l’unanimité par l’Assemblée nationale qui est venue régulariser tout ce j’avais fait d’illégal. Amnistie complète » , plastronne Stéphane Gendron.

« En plus, la ministre des Affaires municipales nous a permis d’accorder trois millions de crédits de taxes supplémentaires pour le développement futur. »


Source: Site web du Journal de Québec

gouvernement.qc.ca

Huntingdon: Maire hors la loi
« le: février 09, 2010, 02:07:29 am »

Hors ligne editeur

  • Administrator
  • Hero Member
  • *****
  • Messages: 6053
  • Sexe: Homme
    • Voir le profil
    • Forum gouvernemental québécois
    • E-mail
Huntingdon: Comment fermer une entreprise rentable
« Réponse #1 le: février 09, 2010, 02:09:59 am »
Comment fermer une entreprise rentable

(RC) Aciers Huntingdon avait pour 1,8 million de contrats dans son carnet de commandes et prévoyait réaliser un profit quand la caisse populaire Desjardins a fermé la marge de crédit juste avant Noël.

L’entreprise a fermé ses portes le 18 janvier. « Fermer une entreprise qui a un chiffre d’affaires de 4,8 millions, qui fait des profits et qui fait vivre 30 pères de famille, c’est ridicule », maugrée le président d’Aciers Huntingdon, Daniel Demers.

L’entreprise de fabrication de charpentes d’acier est née en 2005 dans la foulée des fermetures des usines de textile. Le Cirque du Soleil et la multinationale Alcoa comptaient parmi ses clients, raconte le président de l’entreprise.

La lenteur gouvernementale et une sorte d’intolérance au risque de la part de l’institution financière semblent avoir causé la perte de l’entreprise, selon les explications de M. Demers.

Les problèmes ont commencé quand Daniel Demers a voulu développer une nouvelle ligne de production, une niveleuse de sols dont il avait acheté le brevet d’un inventeur de la région. « Pour financer le projet, on avait droit à une subvention à la recherche et au développement », raconte-t-il.

« Ça a pris un an et demi avant que le projet soit accepté. Quand les fonctionnaires ont vu qu’il était en poste depuis un an, ils ont tout annulé. »

Dette

Daniel Demers avait dépensé 400 000 dollars pour son projet d’expansion qu’il a financé avec les moyens du bord, en contractant une dette de 200 000 dollars auprès des gouvernements.

« On a pris un arrangement pour le remboursement avec les gouvernements et on avait remboursé 80 000 dollars », raconte M. Demers. Informé de cette situation, le Centre de financement aux entreprises (CFE) de Valleyfield (Desjardins) a décidé de fermer la marge de crédit de l’entreprise.


Source: Site web du Journal de Québec

Hors ligne editeur

  • Administrator
  • Hero Member
  • *****
  • Messages: 6053
  • Sexe: Homme
    • Voir le profil
    • Forum gouvernemental québécois
    • E-mail
Huntingdon: Une lutte de tous les instants
« Réponse #2 le: février 09, 2010, 02:15:28 am »
Une lutte de tous les instants

(RC) La relance de l’économie de Huntingdon donne des résultats, mais le travail ne fait que commencer, reconnaît le maire Stéphane Gendron

« C’est une lutte de tous les instants, ça ne finira jamais » , croit M. Gendron. Huntingdon possède plusieurs atouts en sa faveur, convient-il. « On est proches de Montréal, proche de l’Ontario et de la frontière américaine. Le chemin de fer de la compagnie américaine CSX relie Huntingdon à la Floride puis à Chicago. De plus, notre population est bilingue. »

Les entreprises qui ont élu domicile dans les anciennes usines de Cleyn & Tinker et de Huntingdon Mills ont investi 35 millions de dollars et créé entre 200 et 300 emplois depuis 2005, une fraction des 850 emplois perdus en 2004. « La majorité des travailleurs se sont remplacés » , affirme le maire.

Les investisseurs commencent à revenir à Huntingdon. Une entreprise régionale, Groupe Jirah d’Ormstown, s’apprête à investir 15 millions dans la construction d’une usine de manutention et de traitement de grains biologiques. Le projet créera 15 emplois.

Repeupler

Le maire Gendron vient de lancer une politique de repeuplement de sa ville. « On ouvre un nouveau développement domiciliaire. On va donner des crédits de taxes de quatre ans. On veut des jeunes familles. On veut des immigrants, des Arabes, des Latinos, emmenez-en par autobus. On les prend tous. On veut doubler la population. La ville de BS, c’est fini. »


Source: Site web du Journal de Québec

Hors ligne editeur

  • Administrator
  • Hero Member
  • *****
  • Messages: 6053
  • Sexe: Homme
    • Voir le profil
    • Forum gouvernemental québécois
    • E-mail
Huntingdon: En mode survie
« Réponse #3 le: février 09, 2010, 02:19:01 am »
En mode survie

Le centre- ville de Huntingdon s’en allait déjà à la dérive quand, le 13 décembre 2004, les six usines de textiles qui employaient 850 personnes ont fermé leurs portes en même temps.

Cleyn & Tinker et Huntingdon Mills employaient 70 % de la population active de la ville.

« Une ville pauvre »

Le maire Stéphane Gendron désigne désormais cette journée comme le « lundi noir » de Huntingdon. « Bang! Bang! dans la même journée! » , dit-il. Cinq ans plus tard, la pauvreté se voit à l’oeil nu quand vous entrez dans la petite ville de Huntingdon située à une heure de route au sud-ouest de Montréal.

Les rues crevassées parsemées de nids de poules et les maisons construites de puis plus de 60 ans affichent leurs airs négligés. Résultat d’un demi-siècle de sous-investissement chronique, maugrée le maire Gendron. « Nous perdons 60 % de notre eau potable en raison des fuites sur notre réseau souterrain » , confesse-t-il.

Remplacer les conduites d’aqueduc et d’égout, repaver les rues et refaire les trottoirs coûtera dans les 18 millions de dollars, prévient le maire Gendron. Une fortune pour une municipalité dont le budget annuel dépasse à peine 4,5 millions de dollars.

Stéphane Gendron regarde la situation bien en face. « Nous sommes une ville pauvre, concède-t-il. C’est le propre des villes industrielles. Trente pour cent de la population sont des assistés sociaux (...) Il y a beaucoup de cas de misère humaine, des cas de DPJ (Protection de la jeunesse). À l’école primaire anglophone, le taux de carie dentaire des enfants dépasse 60 %. »

La population de Huntingdon est passée de 3 000 habitants à 2 500 au cours des 25 dernières années. « Nous avons 30 naissances par année et 60 décès. Donc, nous perdons 30 personnes par an au net. Il y a deux salons funéraires à Huntingdon et ils marchent dans le tapis » , dit-il en pouffant de rire.

La moitié de la population de Huntingdon a 45 ans et plus et l’arrivée d’immigrants sur le territoire est nulle depuis dix ans. « À chaque tranche de cinq ans, la ville perd environ 5 % de sa population, plaide le maire Gendron dans un document de réflexion exposant ses intentions de repeupler la ville. Ce taux ira en s’accélérant au fil des prochaines années. À ce rythme, Huntingdon sera en deçà de 2 000 habitants d’ici les 15 prochaines années. »

La municipalité présente tous les symptômes d’une localité dévitalisée, suivant les critères du ministère des Affaires municipales : 35 % de la population ne possède pas de diplôme de 5e secondaire, le taux de chômage est de 11,8 % (comparativement à 7 % pour l’ensemble du Québec), le niveau de revenus est proche ou sous le seuil de pauvreté, la population est en décroissance, l’âge moyen de ses habitants est de 48 ans.

« Le concept de ville dévitalisée est parti de chez-nous, affirme Stéphane Gendron. On a appelé ça le syndrome Huntingdon. »


Source: Site web du Journal de Québec

 

MBNX Domain Names - Lowest Prices!