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Auteur Sujet: Ste-Anne-des-Monts: Chronique d’un projet avorté  (Lu 4024 fois)

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Ste-Anne-des-Monts: Chronique d’un projet avorté
« le: février 09, 2010, 02:53:00 am »
Chronique d’un projet avorté

  • Rappel:

    À l’automne 2008, les intervenants politiques et du milieu des affaires ont annoncé la réalisation du projet de Xunlight à Sainte-Anne-des-Monts. Dans l’ordre habituel : Xunming Deng, président de Xunlight Corporation, président et chef exécutif de Xunlight Québec Solaire inc.; le ministre Raymond Bachand; la mairesse Micheline Pelletier; le préfet de la MRC de La Haute-Gaspésie, Majella Émond, et la ministre Nathalie Normandeau.

(RC) Il y a un an, Sainte-Anne-des-Monts a vu s’envoler un projet de 27 millions de dollars qui allait créer 200 emplois. Chronique d’un projet qui s’est enlisé dans les dédales du ministère du Développement économique avant de s’envoler ailleurs.

De passage à New York à l’occasion d’une mission de démarchage économique, le directeur du Centre local de développement (CLD) et de la MRC Haute-Gaspésie, Jacques Paquin, était parvenu à convaincre un groupe d’investisseurs de l’Ohio de venir construire leur usine de fabrication de panneaux solaires de nouvelle génération à Sainte-Anne-des-Monts.

Les avantages financiers consentis par le gouvernement Charest aux régions-ressources ont pesé lourd dans la balance, reconnaît Jacques Paquin : terrains gratuits, exemption de taxe municipale, crédits sur les salaires des employés et sur l’achat d’équipement... Le projet prévoyait initialement un investissement de 80 millions de dollars devant créer 1 000 emplois, que le gouvernement a fait couper en quatre, précise M. Paquin

« Difficilement réalisable »

Un « avis sectoriel » défavorable conçu par un fonctionnaire du ministère du Développement économique, de l’Innovation et de l’Exportation (MDEIE) est venu compliquer le cheminement du projet au point de faire fuir les promoteurs, la firme Xunlight, signale la mairesse Micheline Pelletier.

Dans son évaluation, l’ingénieur du MDEIE Denys Laplante écrivait que les routes gaspésiennes se prêtaient mal au transport des matières premières utilisées dans la fabrication de ces panneaux solaires et qu’il serait plus rentable d’installer l’usine à proximité des sources de matières premières, soit à Bécancour ou à Magog.

« Il est difficile de comprendre pourquoi la compagnie désire fabriquer des panneaux photovoltaïques à Sainte-Anne-desMonts (...) L’alimentation industrielle en électricité n’est pas disponible (...) L’emploi d’une si haute technologie nécessite une main-d’oeuvre spécialisée qui n’est pas nécessairement disponible.

« L’implantation d’une usine d’un si haut niveau de technologie m’apparaît difficilement réalisable à Sainte-Anne-desMonts (...) Je vous invite à faire preuve de prudence et de discernement dans le choix de vos projets », a écrit M. Laplante à l’intention de Jacques Martin, qui était à l’époque commissaire-démarcheur pour le CLD Haute-Gaspésie.

L’oiseau s’est envolé

La réception de cette missive a déclenché une réaction immédiate au CLD et à la Ville de Sainte-Anne-des-Monts. « On a dit hein! Quessé ça! L’avis sectoriel était erroné » , tempête Micheline Pelletier. Un deuxième avis sectoriel fut produit. En novembre 2008, la ministre des Affaires municipales, Nathalie Normandeau, et son collègue du MDEIE Raymond Bachand annonçaient la réalisation du projet à Sainte-Anne-des-Monts.

Xunlight devait investir 7 millions de dollars et le MDEIE accordait une subvention de 7 millions, le solde étant couvert par une combinaison de prêts et garanties de prêts. « On n’a signé aucun document. Le temps a passé, le dollar canadien est tombé de 20 cents. Il a fallu présenter deux nouveaux plans d’affaires et la compagnie devait mettre 4 millions de plus. Ils ont refusé, le gouvernement de l’Ohio leur a fait une offre et ils sont retournés chez eux », raconte Mme Pelletier.

« Si on avait signé le contrat au moment de l’annonce, on aurait aujourd’hui 200 personnes qui travailleraient à cette usine », soupire Jacques Paquin.


Source: Site web du Journal de Québec

gouvernement.qc.ca

Ste-Anne-des-Monts: Chronique d’un projet avorté
« le: février 09, 2010, 02:53:00 am »

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Ste-Anne-des-Monts: De la discrimination
« Réponse #1 le: février 09, 2010, 02:56:12 am »
Ça s’appelle de la discrimination

(RC) La mairesse de Sainte-Anne-des-Monts reproche au gouver nement du Québec de mépriser les régions et de les laisser s’enliser dans le sous-développement. « Ça s’appelle de la discrimination », accuse-t-elle.

« C’est un scandale, fulmine Micheline Pelletier. Depuis la Révolution tranquille, les régions-ressources n’ont servi qu’à nourrir les centres urbains, expose-t-elle. On a pris les ressources dans les régions pour les transformer ailleurs. La ressource humaine n’était pas comptabilisée. Cette politique d’industrialisation a été le début de notre dévitalisation », expose la mairesse dans un éclat de voix.

Le problème n’est pas politique mais administratif, poursuit Mme Pelletier. « Il y a une culture au gouvernement qui veut que le développement économique, ce n’est pas pour une région comme la nôtre. On a des preuves de ça. Xunlight est un exemple. Aussitôt qu’on présente un projet de développement et que c’est marqué HauteGaspésie, il y a tout de suite une (réaction) qui leur fait dire qu’on n’est pas capables de supporter le développement économique. Chez nous, ça a donné une dévitalisation exponentielle. »

La décroissance économique entraîne la diminution des services publics, ajoute Mme Pelletier, qui cite en exemple le retrait du service d’obstétrique de l’hôpital de Sainte-Anne-des-Monts.

« Mépris et indifférence »

Mme Pelletier signale que la ministre de l’Éducation vient de rejeter les deux nouveaux programmes de diplômes d’études professionnelles en conduite de camions et de véhicules de chantiers demandés par la commission scolaire. « Trop cher, qu’elle a dit. Pour nous, c’était important d’offrir de nouvelles possibilités d’emplois aux garçons. Les trois programmes de DEP que nous avons sont presque exclusivement pour les filles.

« C’est du mépris et de l’indifférence devant une situation qui se détériore, s’emporte Mme Pelletier. On est pris dans un système dans lequel les fonctionnaires nous disent : Vous êtes généreusement financés pour des cohortes restreintes. C’est leur mantra », martèle la mairesse.

Micheline Pelletier rêve du jour où le gouvernement soutiendra les régions en fonction de leurs besoins et non pas uniquement suivant leur population.

« Est-ce que parce qu’on habite une région dévitalisée, nos parents vont mourir d’une maladie qui ne sera pas diagnostiquée et que nos enfants ne développeront pas leur potentiel parce qu’on n’aura pas de formation à leur offrir? », demande-t-elle.


Source: Site web du Journal de Québec

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La Haute-Gaspésie sur la pente descendante
« Réponse #2 le: février 09, 2010, 03:00:19 am »
La Haute-Gaspésie sur la pente descendante

La mer, la forêt et les paysages de carte postale ne suffisent pas à protéger la Haute-Gaspésie de l’appauvrissement.

Le déclin s’insinue à travers les brèches créées par les crises qui ont successivement frappé les industries des pêches, des mines et de la forêt.

La Gaspésie est la troisième destination touristique au monde, selon le prestigieux magazine National Geographic. À sa porte d’entrée du côté nord, Sainte-Anne-des-Monts revendique le titre de la plus grande ville « dévitalisée » du Québec. Avec sa population de 6 980 personnes, la métropole de la Haute-Gaspésie affiche un indice de développement de moins 6,5, ce qui la classe par mi les 152 municipalités dévitalisées du Québec.

Jusqu’à récemment, le terme « dévitalisé » était plutôt associé à des villages de quelques centaines d’habitants qui peinent à garder leurs écoles et leurs services. Voilà maintenant que des villes de plusieurs milliers d’habitants glissent sur la pente de la dévitalisation.

Les signes de cette dévitalisation sont pour tant rares à Sainte-Anne-des-Monts. Les services dont dispose sa population feraient l’envie de bien des communautés : deux écoles primaires, une école mixte primaire-secondaire, une antenne du cégep de Matane, un hôpital, un aéroport, deux cliniques médicales, deux cliniques dentaires et de denturologie, deux cliniques d’optométrie, un aréna, un club de golf, un centre de ski, une salle de quille, une salle de cinéma...

Prospérité apparente

Derrière cette apparente prospérité se cache l’appauvrissement. L’éloignement, la dénatalité, l’exode des jeunes vers les centres urbains couplés aux crises qui ont frappé les industries reliées aux ressources naturelles sont les causes premières de cet appauvrissement de la région Haute-Gaspésie.

« Je vous parle d’une ville-centre de 7 000 habitants, dont 50 % de la population vit sous le seuil de la pauvreté, où le taux de décrochage scolaire est de 50 %, où 44 % des citoyens n’ont même pas un diplôme de 5e secondaire et dont les services s’amenuisent comme une peau de chagrin », expose la mairesse de Sainte-Anne-des-Monts, Micheline Pelletier.

Les six municipalités de la MRC de la Haute-Gaspésie sont toutes considérées comme dévitalisées. « Notre population est passée de 17 500 à 12 300 personnes entre 1992 et 2010. Puis, on a perdu 300 emplois dans les industries du bois et de la forêt, ça fait mal » , signale le préfet de la MRC, Allen Cormier.

« C’est un scandale, fulmine Micheline Pelletier. Je suis abasourdie par l’ampleur du problème et l’impuissance que je vis à ne pas avoir de réponse à nos besoins. Parce que l’appauvrissement n’est pas qu’économique. Nous avons le taux le plus élevé de cancers du côlon non diagnostiqués. On vient de nous enlever l’obstétrique. La maltraitance des enfants se situe au même niveau que dans les réserves autochtones. »


Source: Site web du Journal de Québec

 

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