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Auteur Sujet: Décrochage: Un phénomène bouleversant  (Lu 1534 fois)

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Décrochage: Un phénomène bouleversant
« le: avril 29, 2010, 02:37:58 am »
Un phénomène bouleversant

Par Pierre Duhamel

MONTRÉAL - C’est pareil chaque année, le taux de décrochage scolaire au Québec me bouleverse.

Nous parlons ici de 18 200 adolescents confrontés, en 2008, à l’échec immédiat et à une vie personnelle hypothéquée. C’est une plaie béante qui détruit l’avenir de milliers de jeunes et qui mine l’avenir économique du Québec. Ce n’est pas seulement un enjeu scolaire ou éducatif, car le Québec y joue sa peau.

Ce n’est pas non plus un enjeu strictement politique. Certes, Jean Charest et son ministre des Finances doivent s’impliquer dans ce dossier et montrer les conséquences du décrochage sur la compétitivité de notre économie. Cependant, en ce qui me concerne, c’est d’abord une question familiale. Les parents aident-ils leurs jeunes ou, s’ils n’en sont pas capables, les encouragent ils à poursuivre leurs études? Fait-on la promotion des études, de la lecture et de l’effort? Je connais des gens qui sont allés à l’université malgré les conseils de leurs proches, qui les encourageaient à gagner leur vie le plus rapidement possible.

Voilà un conseil dangereux. Les résultats sont catastrophiques sur le plan individuel. L’économiste Pierre Fortin a établi, il y a quelques années, qu’un décrocheur gagne en moyenne 6 250 dollars de moins par année que celui qui a obtenu son diplôme d’études secondaires. Cela représente 420 000 dollars de moins pendant la durée de la vie active. Le Groupe d’action sur la persévérance et la réussite scolaire affirme même que l’espérance de vie d’un décrocheur du secondaire est inférieure de sept ans à celui qui a obtenu son diplôme.

FACTURE ÉLEVÉE

Les conséquences sociales et économiques sont prévisibles. Le décrocheur subira des périodes de chômage plus fréquentes et aura tendance à bénéficier dans une plus forte proportion de l’aide sociale. Il vivra plus souvent et plus longtemps au crochet de la société.

C’est sur le plan économique cependant que la facture m’apparaît la plus élevée. En 2006, 25 % des Québécois n’avaient pas terminé leur secondaire et 22,3 % n’avaient que ce diplôme en poche. Cela veut dire que la moitié de la main-d’oeuvre québécoise n’a pas plus que la 5e secondaire. Ce n’est pas beaucoup dans une économie dite du savoir où les emplois manufacturés ou manuels comptent de moins en moins.

Ce retard est aussi observable au niveau universitaire. 26,5 % de la population active du grand Montréal détient un diplôme universitaire, contre 33,6 % à Toronto, 37,5 % à New York et 44,6 % à Boston. Il y a presque 70 % de plus de diplômés dans la ville des Bruins que dans celle des Canadiens. Même en ne tenant compte des personnes ayant entre 25 et 34 ans, Montréal traîne de la patte face à ses rivales.

L’enjeu est particulièrement dramatique au Québec.

Contrairement à nos voisins ontariens ou américains, le nombre de personnes en âge de travailler subira un recul au cours des prochaines années. Cela veut dire qu’il y aura beaucoup d’emplois disponibles et moins de gens pour combler les postes. Imaginez la catastrophe si on ne trouve pas de main-d’oeuvre suffisamment qualifiée ici même.

Comment le Québec pourra-t-il continuer de croître avec moins d’employés disponibles et, de surcroît, moins qualifiés qu’ailleurs?


Source: Site web du Journal de Québec

gouvernement.qc.ca

Décrochage: Un phénomène bouleversant
« le: avril 29, 2010, 02:37:58 am »

 

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