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Auteur Sujet: Bové veut allier Français et Québécois  (Lu 1329 fois)

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Bové veut allier Français et Québécois
« le: janvier 25, 2011, 01:25:07 pm »
Bové veut allier Français et Québécois

Les groupes réclamant un moratoire dans le dossier de l’exploration et de l’exploitation du gaz de schiste au Québec viennent de trouver un allié très médiatisé en la personne de José Bové, altermondialiste français à l’action et au verbe éclatants.

L’eurodéputé est d’ailleurs en train de mettre en place un système de jumelage entre la France et le Québec, a-t-il affirmé en entrevue avec Paul Arcand sur les ondes du 98,5 FM.

« On a fait une première réunion d’information. J’ai proposé qu’on se jumelle avec des communes (N.D.L.R. : villages) du Québec pour montrer la solidarité. Nous voulons même inviter des communes en France afin qu’elles partagent ce qu’elles ont vécu », a-t-il souligné. M. Bové est sur toutes les tribunes en ce moment. Hier, il a participé à une discussion avec les internautes français sur le site du journal Le Monde. Il a notamment dénoncé l’omerta de l’État français entourant l’exploration du gaz de schiste.

« Le gouvernement a accordé des permis d’exploration dans le plus grand silence. Les populations ont découvert du jour au lendemain que leur territoire allait être fouillé », a-t-il souligné.

À cet effet, les processus français et québécois se ressemblent. Depuis le début, les opposants au gaz de schiste affirment que les terrains ont été accordés en catimini aux entreprises gazières dans le plus grand silence.

En France, le processus d’attribution de terrains permet à l’État de récolter beaucoup plus d’argent, alors que les entreprises doivent acquérir les terrains par un système d’enchères. C’est donc le plus offrant qui remporte la mise.

Au Québec, les terrains sont vendus 10 cents l’hectare par année pour les cinq premières années, puis 50 cents l’hectare par la suite.

Total et GDF Suez

Il n’y a pas que M. Bové qui s’inquiète de la situation en France. Corinne Lepage, ex-ministre de l’Environnement, a publié une tribune sur le site d’information Rue89 pour demander un moratoire.

Elle dénonçait le fait qu’en mars 2010, la pétrolière Total ( dans laquelle la famille Desmarais possède une participation importante) a obtenu en catimini un permis de recherche de cinq ans pour 4 327 km2 entre Montpellier et Montélimar, dans le sud.

Les autres principaux acteurs industriels engagés dans l’exploration sont le titan francobelge GDF Suez et la société américaine Schuepbach Energy.

À elle seule, Total investirait 37,8 millions d’euros pour rechercher du gaz de schiste.


Source: Site web du Journal de Québec

gouvernement.qc.ca

Bové veut allier Français et Québécois
« le: janvier 25, 2011, 01:25:07 pm »

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La France, usine à gaz (de schiste)
« Réponse #1 le: janvier 25, 2011, 01:34:08 pm »
Il y avait aussi cet excellent billet de José Bové, tiré de son site web...



La France, usine à gaz (de schiste)

Total, GDF Suez et Schuepbach Energy, ce sont les trois principales entreprises qui s’apprêtent à explorer le sous-sol d’une zone allant de Montélimar à Montpellier (soit près de 15 000 km2) et qui remonte jusqu’au Larzac. Sous nos pieds, espèrent elles, il y aurait du gaz. Des dizaines de milliards de mètres cube de gaz naturel.

Les Américains l’ont baptisé « shale gas » ; les Canadiens ont opté pour « gaz de schiste ». On assiste à une ruée vers cet or gazeux, qui a révolutionné le marché de l’énergie : en 10 ans, les Etats-Unis sont devenus le premier producteur de gaz -devant la Russie - frôlant l’indépendance énergétique ! Mais ce gaz dit « non conventionnel » (car non contenu dans une poche géologique) a également réussi un autre prodige : celui d’éveiller à l’écologie une partie de l’administration et des opinions américaine et canadienne. La colère monte outre-Atlantique, où les riverains des forages assistent, impuissants, à la destruction des paysages, à la contamination de l’air et surtout de l’eau utilisée pour les forages. Aujourd’hui, cette « nouvelle » énergie fossile, débarque en France, dans le plus grand secret.

C’est un Suisse, Martin Schuepbach, géologue de métier et ancien d’Exxon Mobil notamment, qui a ouvert le ban en 2007, en sollicitant un permis d’explorer le sous-sol auprès du ministère de l’Ecologie, imité par Total l’année suivante. Le ministère a coupé la poire en deux et leur a délivré des permis d’explorer, le 1er mars 2010. Depuis, il ne se passe rien. Officiellement, pas un seul carottage, pas un seul forage. Dans quelques mois, GDF Suez pourrait toutefois ouvrir le bal des « forages expérimentaux » sur la commune de Villeneuve de Berg, en Ardèche. Le maire a déjà reçu la visite de plusieurs salariés de GDF Suez. « Les données disponibles (dans ce secteur) sont excellentes », confirmait Martin Schuepbach en mai 2010 dans le Bulletin de l’industrie pétrolière. « Le potentiel gazier y est de plusieurs dizaines de milliards de mètres cubes », indiquait l’ingénieur suisse. Mais pour aller chercher le gaz naturel dans les entrailles de la terre, il faut un savoir-faire que les entreprises frenchy n’avaient pas encore acquis. L’alliance avec des entreprises américaines s’est donc avérée incontournable. Début 2010, Total a donc acquis 25% de Chesapeake Energy’s, le leader mondial de l’exploration - pour 2,25 milliards de dollars - afin d’opérer sur le permis dit « de Montélimar ». GDF-Suez a préféré un mariage à trois pour explorer le permis dit « de Nant » (Larzac), s’alliant avec Schuepbach Energy et Dale, champion mondial dans « le forage en milieu urbain ».

La technique pour ramener le gaz à la surface est nouvelle, délicate et surtout, désastreuse sur le plan environnemental. La « fracturation hydraulique horizontale », c’est son nom, consiste à provoquer des failles à l’aide d’un liquide envoyé à très forte pression, pour libérer le gaz pris dans la roche compacte, à environ 2000 mètres de profondeur. Trois «ingrédients » sont nécessaires pour créer ces mini-séismes : des quantités phénoménales d’eau (entre 10 000 et 15 000 m3, soit 10 à 15 millions de litres), additionnées de produits chimiques - pour attaquer la roche - et de micro-billes de la taille de grains de sable – pour maintenir ouvertes les failles créées par le liquide. Une partie de ce cocktail « eau-produits chimiques » est aspirée à la surface, en même temps que le gaz.

L’eau est le nœud gordien du gaz de schiste. Aux États-Unis, elle est acheminée par centaines de camions-citernes, engendrant trafic sur les routes et pollution de l’air. Extraite du puits, elle doit être à nouveau transportée pour être stockée dans des réservoirs gigantesques. Certaines stations d’épurations municipales qui ont accepté de les retraiter dans leurs installations classiques ont eu de mauvaises surprises. Car cette eau est contaminée par les composés que renferme le sous-sol (métaux lourds, sel, éléments radioactifs, hydrocarbures, etc…), auxquels s’ajoutent les additifs utilisés pour faciliter la fracturation (plus de 500 ont déjà été recensés). Aux Etats-Unis et au Canada, la composition de ces additifs est protégée par le secret industriel ! En 2005, Dick Cheney, alors vice-président de George W. Bush et ex-PDG du géant de l’énergie Halliburton, leader mondial du gaz de schiste, réussit à faire voter une loi qui empêche l’EPA, l’Agence fédérale pour l’environnement, d’analyser les eaux utilisées pour la « fracturation ». Sans analyse, pas de problème… Début septembre 2010, devant la colère grandissante des habitants voisins des puits, l’EPA a sommé neuf entreprises de révéler la composition des additifs. Même si Halliburton a peu ou prou refusé de s’exécuter, il était temps que les autorités américaines réagissent. Car les images de riverains mettant le feu, en quelques secondes, à l’eau du robinet avec un briquet - tant celle-ci est chargée en gaz infiltré dans des aquifères endommagés - se multipliaient sur Internet. Un éditorialiste québécois fait un parallèle inquiétant : « Sur le plan environnemental, le gaz de schiste est au gaz naturel ce que les sables bitumeux sont au pétrole. »

Evidemment, en France, la question de l’impact sur l’environnement ne pouvait être ignorée. Mais GDF-Suez « ne désire pas s’exprimer pour l’instant » (dans l’attente d’un accord juridique définitif avec Schuepbach Energy). Total affirme, lui, se pencher sur des «programmes de recherche pour améliorer le process ». Le ministère de l’Ecologie, qui n’a convoqué aucune réunion sur la question de l’eau, assure avec fermeté qu’ « on ne va pas travailler à l’américaine ». Quid alors de l’utilisation massive d’eau, ainsi que de sa pollution ? « L’eau sera prélevée dans des zones aquifères profondes et non potables, puis traitées avant d’être rejetées dans le milieu. Et les ingénieurs des compagnies pétrolières inventeront des techniques moins gourmandes en eau. » Dans un courrier à l’ex-ministre, Jean-Louis Borloo, la direction « Exploration Production des hydrocarbures » estime par ailleurs qu’il faudra adopter « une attitude vigilante mais proportionnée dans la mise en œuvre de l’extraction ». Traduction d’un responsable du ministère du l’Ecologie : « Il ne faudra pas casser le projet industriel en imposant trop de normes environnementales. » Car, comme le note Charles Lamiraux, le responsable « exploration et production des hydrocarbures pour la France » au ministère de l’Ecologie, le pays est à un « carrefour historique de son histoire pétrolière ». Cette perspective quasi miraculeuse d’acquérir l’indépendance énergétique, tant pour le gaz que pour le pétrole sonne comme un appel quasi irrésistible. « La recherche d’hydrocarbures en France, qui est une ressource stratégique, reste une priorité », confirme le géologue.

Une « révolution silencieuse » - selon l’expression de l’ex-patron de BP - est donc en marche en France, comme en Allemagne, en Chine, en Amérique latine ou encore en Russie. Le ministère de l’Ecologie et les entreprises en lice insistent : « Nous en sommes à la phase d’exploration. Personne ne sait encore quelles quantités de gaz renferme le sous-sol français et si cela sera rentable. » Pierre Batellier, porte-parole d’un groupement de citoyens canadiens opposés à l’exploitation du gaz de schiste, prévient les Français : « Même l’exploration est loin d’être neutre au plan environnemental. » José Bové regrette, lui, l’absence de débat : « Comme pour le nucléaire, l’Etat a décidé seul, sans consulter les populations sur leurs besoins en énergie. Tant pis pour eux », conclut l’eurodéputé, bien décidé, à l’heure du facteur 4 (3) et des énergies renouvelables, à croiser le fer contre cette énergie fossile et contre ceux qui veulent la libérer.

Texte réalisé à partir de l'article de Marine Jobert sur Terraeco



Vous pouvez aussi voir un documentaire canadien sur l'horreur des gaz de schiste.

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Le Collectif Ardéchois: "Stop au Gaz de Schiste"!
« Réponse #2 le: janvier 25, 2011, 01:38:18 pm »
Il n'y a pas qu'au Québec où les citoyens se dressent CONTRE les gaz de schiste, lisez ce qui suit pour avoir une idée de ce qui se passe, en ce moment, en France...



Depuis le 19 janvier 2011, le Collectif Ardéchois "Stop au Gaz de Schiste" est constitué.

Ci-après le premier communiqué de presse :

Collectif ardéchois « Stop au gaz de schiste »

Depuis mars 2010 le Ministère de l'écologie, de l'énergie, du développement durable et de la mer a permis à des sociétés multinationales d'explorer le territoire en vue d'exploiter du gaz de schiste. Une large partie de Sud de l'Ardèche est concernée.

Un collectif ardéchois rassemblant des citoyens, des associations, des organisations syndicales et politiques s'est constitué pour affirmer son refus de l'exploration et de l'exploitation du gaz de schiste.

Ce refus repose sur les éléments suivants :

  • l’absence totale d'information de la population et de débats publics,
  • les conséquences environnementales désastreuses (pollution des réserves d'eau potable, du sol et des sous-sols),
  • l’aberration énergétique et la fuite en avant que ce choix représente à l'heure de la lutte contre le changement climatique,
  • les ravages socio-économiques (agriculture, tourisme,...)
  • les atteintes irréversibles à la santé (produits mutagènes, reprotoxiques ou cancérigènes).
Pour ces raisons nous appelons les citoyens, les associations et organisations à rejoindre le collectif ardéchois «Stop au gaz des schiste » et à se mobiliser.

De nombreuses réunions et manifestations seront organisées localement dans les semaines qui viennent.

Par ailleurs, nous appelons les propriétaires à être vigilants aux demandes de passages ou de prospections sur leurs terrains. Nous invitons toutes celles et ceux qui ont déjà été approché-e-s à nous contacter rapidement afin de les informer des conséquences de l'exploration/exploitation du gaz de schiste et des risques encourus. Nous fournirons à toute personne en formulant la demande un appui dans la mise en œuvre de moyens de recours et d'opposition contre toute autorisation qui lui aurait été soutirée sans information préalable sur ces risques.

Les élu-e-s des communes sont également appelé-e-s à prendre un arrêté municipal pour bloquer l’exploration : nous leur adresserons à cet effet un exemple de texte dans les prochains jours.

Signataires à ce jour :

Des citoyens, des associations (CRIC, FRAPNA07, MRAP07, Vigie nature), des organisations syndicales (Confédération Paysannes, MODEF, Solidaires), des organisations politiques (Alternatifs, Europe Écologie les Verts, Parti communiste, Parti de Gauche, Parti Socialiste).

Contact :

Jean-Louis CHOPY
Yan CHAUWIN
0475934145
[email protected]

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Gaz de schiste: Québec agit en catimini
« Réponse #3 le: janvier 25, 2011, 01:43:58 pm »
De pair avec la dizaine de transnationales étrangères qui veulent VOLER notre gaz de schiste en fracturant violemment notre sous-sol, le gouvernement libéral de Jean Charest ne défend PAS les meilleurs intérêts des Québécois.

Au lieu de miser sur les technologies et l'innovation, Charest mise encore sur l'exploitation, bête et méchante, des ressources de notre sous-sol.

Rien à voir avec l'ajout de valeur ajoutée à nos ressources, il ne s'agit que d'extraire le gaz de schiste du sous-sol québécois pour enrichir, quasi-unilatéralement, des transnationales étrangères venues ici pour profiter des largesses de notre coin du monde en matière d'exploitation sauvage des ressources.

Ce commentaire résume bien ce que nous vivons et pourquoi il fait du sens que les Québécois et les Français fassent front commun contre les "pro-gaz de schiste".



Présentement au Québec nous vivons exactement la même situation. Tout comme vous, nos gouvernements et entreprises gazières ont agi en catimini. Jusqu'au jour qu'un journaliste aborde le sujet et c'est à ce moment qu'il y a eu mobilisation des citoyens en colère.

Des associations s'impliquent, des regroupements se sont formés, des sites web ont surgi, des spécialistes viennent contrer la propagande et l'arrogance de l'industrie et de notre gouvernement, un livre a été écrit par un professeur de l'Université de Montréal, etc.

C'est fascinant de voir vos gouvernements et entreprises employer le même vocabulaire qu'au Québec : nous ne sommes qu'à la phase d'exploration, un carrefour historique de son histoire pétrolière, etc., c'est du copier-coller.

Je ne sais pas si « notre prise de conscience et mobilisation » devance la vôtre, mais peut importe, ce qu'il faut c'est que partagions nos connaissances et nos moyens.

Je crois qu'il grand temps que nous fassions la mondialisation de nos connaissances et actions comme citoyens, car nous faisons face aux mêmes ennemis et aux mêmes façons de procéder.

 

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