avril 06, 2020, 10:51:52 am

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Auteur Sujet: Hydro-Québec et le Vermont: Un mauvais contrat pour le Québec  (Lu 1196 fois)

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Un mauvais contrat pour le Québec

Dans une nouvelle entente avec le Vermont, Québec s’engage à fournir 275 mégawatts d’électricité pendant une période de 26 ans.

Ce qui devrait générer des revenus additionnels de 1,5 milliards de dollars sur 26 ans. Ce contrat est-il rentable pour le Québec, comme on essaie de nous le faire croire? Le professeur J. Thomas Bernard a calculé, d’après les informations diffusées, que le prix de notre électricité vendue au Vermont est d’environ 4,5 cents le kWh, beaucoup moins, donc, que ce que paye déjà le consommateur du Québec.

Puisque le coût moyen de toute l’électricité produite au Québec est d’environ 2,2 cents le kWh, on pourrait penser, à première vue – comme tente de nous faire croire le gouvernement – que le Québec y trouvera son profit. Bien au contraire, rien n’est plus loin de la réalité!

Dans un contrat qui nous engage à fournir un bloc d’électricité en tout temps – y compris les périodes de pointe – il faut s’assurer d’avoir les ressources nécessaires et donc de compenser pour la demande additionnelle. C’est justement dans ce but – développer nos ressources pour pouvoir exporter de l’électricité – que le Québec s’est engagé dans le projet hydroélectrique de la Romaine et le développement de la filière éolienne.

Or, d’après les données officielles, les coûts de production de l’électricité dans ces cas varient entre 10 et 12 cents le kWh. On peut donc estimer que le coût de remplacement de l’électricité que l’on veut exporter au Vermont est d’environ 11 cents le kWh. Dans ce contexte, le contrat avec le Vermont va générer des revenus de 1,5 milliard, mais aussi des dépenses de 3,7 milliards. Ce qui est loin de la rentabilité!

Et qui pensez-vous va payer pour les largesses du Québec envers le Vermont?

On peut se demander comment calculent et comment gèrent nos instances gouvernementales. À titre d’exemple :

  • On développe de l’électricité à 12 cents le kWh et on pense faire une bonne affaire en la vendant à 4,5 cents le kWh.

  • On fait des contrats à long terme – à 40 ans – alors que personne ne peut prédire comment vont évoluer les coûts de l’énergie. Ce qui est très risqué et risque de nous coûter très cher dans le futur. Il y a deux ans seulement – la crise – on parlait d’exporter de l’électricité à 12 cents le kWh. Avec la reprise économique et la demande croissante, les coûts de l’énergie risquent de remonter rapidement. Et qu’on pense à TerreNeuve qui, en 1969, acceptait, pour 71 ans, de nous vendre les 5 400 MW des chutes Churchill au prix de 0,25 cent le kWh – un coût ridiculement bas – et qu’elle aimerait bien pouvoir modifier puisque, à 4,5 cents le kWh, elle en obtiendrait deux milliards de dollars de plus par année.

  • On vend l’électricité beaucoup moins chère à nos riches voisins du Sud qu’aux résidents du Québec (4,5 vs 7,5 cents le kWh).

  • Alors qu’on nous chante qu’avec le vieillissement de la population, le Québec va manquer de travailleurs, on accordait, en 2007, à l’Alcan, des subventions de 336 000 $ par année sur 30 ans, pour chaque emploi préservé en usine au Saguenay (telles qu’évaluées par les professeurs J.-Thomas Bernard et Gérard Bélanger, de l’Université Laval).

  • Le Québec croule sous une dette dont il n’arrivait toujours pas à payer tous les intérêts avant la crise économique. Et pourtant, en 2007, on se permettait de faire, à Alcan, sans intérêt et sur 30 ans, un prêt de 400 millions que nous n’avions pas. Alors que, cette année-là, l’entreprise générait des profits de 1,5 milliard et ne payait pas un sou d’impôt au Québec.

  • On a créé un Fonds des générations pour supposément s’en servir plus tard pour éliminer la dette du Québec. Mais comment espère-t-on y arriver alors qu’à chaque année, on y dépose moins de 500 millions et que la dette augmente de plus de deux milliards? J’espère bien qu’un jour, on pourra m’expliquer les méthodes de calcul et la logique dans les actions du gouvernement concernant la gestion de l’électricité au Québec.

Pour le moment, j’ai plutôt l’impression qu’on nous sommes en train de dilapider notre principale ressource, hypothéquer l’avenir de nos enfants et que nous allons le payer chèrement plus tard.

Cyril Boivin


Source: Site web du Journal de Québec

gouvernement.qc.ca


 

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